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actu & culture


CARACAS, Venezuela - jeudi 27 decembre 2007 à 16h17

Colombie: l'envoi d'une "mission humanitaire" pour libérer trois otages des FARC est imminent



Hugo Chavez a demandé le soutien des dirigeants de toute l'Amérique latine alors qu'il s'apprête à dépêcher des avions et des hélicoptères en Colombie voisine pour récupérer les trois otages que les FARC acceptent de libérer.

Mercredi, le président colombien Alvaro Uribe a donné son feu vert à l'envoi d'une "mission humanitaire" du Venezuela destinée à ce rapatriement. Uribe se trouve désormais dans la position d'observateur alors qu'il est en vacances dans son ranch.

Son homologue vénézuélien, Hugo Chavez, a aussitôt déclaré qu'il espérait accueillir les trois otages sur le sol vénézuélien jeudi, au coucher du soleil. Associée à cette mission, la Croix-Rouge internationale a toutefois fait savoir que l'opération pourrait prendre plusieurs jours.

"Nous ne voulons pas attendre un jour de plus", a dit M. Chavez, ajoutant que sa préoccupation majeure était que les trois otages puissent célébrer le début de l'année 2008 en famille.

Selon le porte-parole du Comité international de la Croix Rouge de Bogota, Yves Heller, l'organisation humanitaire travaille actuellement en relation étroite avec les gouvernements colombien et vénézuélien, ainsi qu'avec les FARC, afin de fixer au plus vite les derniers détails de cette libération. "Cela pourrait être demain ou peut-être prendre plusieurs jours", a précisé M. Heller.

Les trois personnes concernées par cette libération seraient l'ancienne parlementaire Consuelo Gonzalez, Clara Rojas, collaboratrice de la Franco-Colombienne Ingrid Betancourt, et le jeune fils de celle-ci, Emmanuel, né en détention.

Les deux femmes se trouvent aux mains des rebelles des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) depuis environ six ans. Le président vénézuélien a précisé avoir "des informations selon lesquelles (ces trois otages) sont en bonne santé".

En accord avec les conditions posées par les autorités colombiennes, les avions et hélicoptères vénézuéliens qui seront envoyés pour récupérer les trois otages après leur libération devront porter l'emblème de la Croix-Rouge.

Le président Chavez a précisé que le convoi humanitaire se rendrait dans un premier temps aux abords de Villavicencio, ville située à 75km au sud de Bogota, avant de s'envoler par hélicoptères vers un endroit tenu secret pour rencontrer les FARC.

Les rebelles colombiens ont exigé que les pilotes du convoi ne soient informés de leur plan de vol qu'à la dernière minute, une fois dans les airs, et ce pour des questions de sécurité.

"C'est une exigence des FARC et en homme militaire que je suis, je la comprends", a commenté le président vénézuélien.

De Villavicencio, les otages seraient ensuite évacués par voie aérienne vers un aéroport du Venezuela, selon une lettre envoyée par le chef de la diplomatie vénézuélienne Nicolas Maduro à son homologue colombien Fernando Araujo.

Le président Chavez a mentionné plusieurs aéroports vénézuéliens près de la frontière où les otages pourraient être transportés, dont La Fria, Guasdualito et Elorza.

Le gouvernement colombien a nommé le chef de ses négociateurs, Luis Carlos Restrepo, pour le représenter auprès de la commission internationale des observateurs chargée de superviser la libération de ces otages.

L'Argentine a fait savoir qu'elle dépêcherait au sein de cette commission l'ancien président Nestor Kirchner, ami proche de M. Chavez, pour qu'il puisse se rendre à Villavicencio.

Pour l'épouse de M. Kirchner, qui a remplacé son mari il y a peu à la tête de l'Etat argentin, il s'agit d'un acte de "solidarité internationale" derrière les efforts diplomatiques déployés par Hugo Chavez. AP

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