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La Serbie et le Kosovo ont étalé leurs divergences mercredi devant le Conseil de sécurité des Nations unies. La province serbe administrée par l'ONU depuis 1999 a demandé une indépendance rapide, alors que les Serbes s'y opposaient.
Les Etats-Unis et les principaux Etats-membres de l'UE, favorables à l'indépendance du Kosovo, ont noté dans un communiqué commun diffusé après la session que leurs positions étaient "irréconciliables". Mais la Russie, proche de la Serbie, a soutenu l'appel de Belgrade pour de nouvelles négociations sur l'autonomie de la province.
Le ministre italien des Affaires étrangères Massimo D'Alema, qui préside le Conseil de sécurité, a précisé que la Serbie et le Kosovo avaient été appelés à "maintenir la paix et à s'abstenir de toute action pouvant mettre en danger la situation de la sécurité dans la région", comme ils l'ont promis pendant les discussions.
Dans leur communiqué, les Etats-Unis et l'UE observent que tous les efforts en vue d'une solution négociée sont "épuisés". "L'UE se tient prête à jouer un rôle majeur dans l'application d'un accord définissant le futur statut du Kosovo", ajoute le texte.
Lors du Conseil européen de Bruxelles le 14 décembre dernier, les 27 ont approuvé le principe de l'envoi d'une force civile d'environ 1.800 hommes dans la petite province du Sud de la Serbie.
Qualifiant d'"énorme" le fossé entre les deux parties, l'ambassadeur britannique John Sauers a souligné que l'UE était prête à progresser sur la voie fixée par l'émissaire de l'ONU pour le Kosovo, Martti Ahtisaari. Celui-ci avait présenté en début d'année un plan proposant une indépendance de la province sous supervision internationale. Il avait buté sur le refus de la Serbie et de la Russie, qui possède un droit de veto au Conseil de sécurité.
Si le Kosovo fait toujours officiellement partie de la Serbie, il est administré par l'ONU et l'OTAN depuis 1999. A l'époque, l'Alliance atlantique avait lancé une guerre aérienne qui avait mis fin à la répression menée par l'ancien dirigeant yougoslave Slobodan Milosevic contre les séparatistes albanophones.
Le Premier ministre serbe Vojislav Kostunica a déclaré au Conseil de sécurité que ses quinze membres tenaient le sort de la Serbie entre leurs mains. Il a plaidé pour des négociations sur l'autonomie de la province, au sein de son pays, précisant que Belgrade que "n'accepterait" aucune déclaration unilatérale d'indépendance. Cette annonce "augurerait d'une crise grave pour le monde", a-t-il prévenu.
Le président du Kosovo, Fatmir Sejdiu, s'est pour sa part dit "prêt à prendre des mesures en vue de la déclaration de l'indépendance" de la province. Il a estimé que le plan Ahtisaari constituait "une base solide pour avancer" et s'est engagé à coopérer avec l'OTAN et l'ONU et à avoir "de bonnes relations avec le peuple serbe". AP
ir/v579/com
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