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actu & culture


BRUXELLES - vendredi 07 decembre 2007 à 18h38

Les ministres de l'OTAN d'accord pour le maintien d'une présence forte au Kosovo


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Les Etats membres de l'OTAN ont convenu vendredi de maintenir au Kosovo un important contingent de maintien de la paix susceptible de faire face à toute éruption de violence dans la province séparatiste serbe, qui semble sur le point de s'engager sur la voie de son indépendance.

"Nous répondrons avec détermination à toute tentative pour perturber la sécurité" au Kosovo, soulignent dans un communiqué les ministres des Affaires étrangères des 26 pays membres de l'OTAN, réunis à Bruxelles.

Les participants ont souhaité que les albanophones, majoritaires au Kosovo, s'abstiennent de toute déclaration brutale d'indépendance après l'annonce attendue de l'échec des négociations menées sous médiation internationale avec les Serbes sur l'avenir de la province. James Appathurai, porte-parole de l'OTAN, a appelé à une transition "gérée et contrôlée" avant que ne soit décidé le statut final du territoire.

Dans leur communiqué, les ministres appellent les Serbes et les albanophones à "s'abstenir de tout acte ou déclaration qui pourrait nuire à la situation sécuritaire". Ils ont par ailleurs décidé de laisser les 16.450 soldats de la force de l'OTAN au Kosovo (KFOR) poursuivre leur mission dans le cadre de leur mandat actuel.

Un bataillon allemand a déjà été envoyé dans la province pour renforcer le contingent, et des unités britannique, italienne et française gardées en réserve se tiennent prêtes à gagner la province en cas de flambée de violence.

Les Etats-Unis et leurs principaux partenaires européens sont favorables à une indépendance progressive du Kosovo sous supervision internationale, ce que refuse Belgrade et son allié russe. D'autres pays, notamment l'Espagne, la Roumanie, la Slovaquie et la Grèce, sont plus prudents, craignant qu'une indépendance du territoire n'encourage des mouvements séparatistes dans d'autres régions.

Les efforts pour créer un front commun sur la question parmi les pays occidentaux devraient se poursuivre en marge du Sommet Union européenne-Afrique ce week-end à Lisbonne et lors du conseil européen du 14 décembre à Bruxelles. "Je pense que nous pouvons arriver à un haut degré d'unité sur la question du Kosovo", a déclaré le chef de la diplomatie britannique David Miliband à son arrivée au siège de l'OTAN.

Le dossier provoque des dissensions avec la Russie. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a affirmé que les pays soutenant une décision unilatérale du Kosovo en faveur de l'indépendance risquaient de créer un précédent dangereux pour d'autres régions séparatistes.

"Cela n'aidera certainement pas à la stabilité de l'Europe", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse après des entretiens avec ses homologues de l'OTAN. M. Lavrov avait déjà accusé cette semaine les Occidentaux d'entraver la recherche d'une solution négociée en soutenant l'indépendance du Kosovo, sous administration des Nations unies depuis 1999.

La Russie et l'OTAN restent également divisés à propos de la décision de Moscou de suspendre sa participation au traité sur les forces conventionnelles en Europe (FCE) le 12 décembre, en réponse au projet américain d'installation d'éléments de défense antimissile en Pologne et en République tchèque. M. Lavrov et des responsables de l'Alliance ont toutefois indiqué que les discussions se poursuivraient sur la question.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a reçu vendredi, soit trois jours avant la date prévue, le rapport des négociateurs sur le futur statut du Kosovo, qui conclut à l'échec des discussions entre Serbes et albanophones. En l'absence d'accord, ces derniers ont annoncé qu'ils proclameraient l'indépendance, peut-être au début de 2008.

Plusieurs pays occidentaux souhaitent qu'une décision sur le statut du Kosovo n'intervienne pas avant l'élection présidentielle prévue le 20 janvier en Serbie. M. Lavrov a affirmé que toute décision sur le statut du Kosovo sans l'accord de la Serbie enfreindrait le droit international et a appelé à la poursuite des négociations sur l'avenir de la province. Jeudi, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice avait estimé que les négociateurs internationaux semblaient avoir "épuisé" les chances de parvenir à un accord. AP

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