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En cette période d'administration Bush finissante, la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice veut croire qu'elle peut encore obtenir à l'occasion de la conférence d'Annapolis un grand succès diplomatique sur un dossier où beaucoup se sont déjà cassé les dents: la relance du processus de paix israélo-palestinien, au point mort depuis près de sept ans.
A la tête de la diplomatie américaine depuis 2005, Mme Rice affiche un bilan en demi-teinte. Elle n'a obtenu à ce jour la signature d'aucun traité de paix ni accord international majeur, et aucun des grands dossiers auxquels elle s'est attelée n'a été réglé.
"Nous n'avons pas encore la paix entre Israël et les Palestiniens, nous sommes encore en Irak et en Afghanistan et le gouvernement pakistanais est toujours sur la corde raide", souligne Gordon Adams, professeur de relations internationales à l'American University. "Le seul élément de progrès, mais ce n'est pas encore un succès, c'est la Corée du Nord."
La secrétaire d'Etat aura l'occasion de redorer son blason la semaine prochaine en recevant les participants à la conférence pour la paix au Proche-Orient à Annapolis (Maryland), destinée à lancer des négociations sur la création d'un Etat palestinien au côté d'Israël.
Il s'agit de l'initiative la plus visible de l'administration Bush dans ce dossier clé, souvent délaissé au profit d'autres priorités, comme l'Irak ou l'Afghanistan, par le gouvernement américain depuis 2001.
La médiation de Mme Rice donnera sans doute lieu à des comparaisons avec l'habileté diplomatique d'anciens hommes d'Etat américains qui ont cherché à régler le conflit au Proche-Orient, sorte de Saint Graal de la politique étrangère. Un succès la propulserait dans le panthéon de la diplomatie américaine au côté d'un Henry Kissinger ou d'un George Shultz.
Toutefois, Mme Rice réfute l'idée selon laquelle elle chercherait à améliorer son image ou son bilan. "Il y a probablement des dossiers de politique étrangère plus faciles à aborder que le conflit israélo-palestinien", a-t-elle souligné le mois dernier lors d'une audience au Congrès.
Mme Rice a exclu de briguer la Maison Blanche, au grand dam de ses inconditionnels, et cet ancien professeur de sciences politiques, experte de l'ex-URSS, dit vouloir retrouver l'enseignement lorsqu'elle aura quitté son poste.
Elle affirme se soucier peu de la manière dont l'histoire jugera son bilan, mais elle n'est apparemment pas indifférente à l'image qu'elle laissera: elle a ainsi engagé un photographe personnel qui l'a accompagnée lors de ses deux dernières tournées au Proche-Orient. Les clichés rejoindront ses archives au département d'Etat et certains seront postés sur un site Internet du ministère.
Mme Rice est créditée à l'étranger d'avoir amélioré les relations avec les alliés européens de Washington et dans une moindre mesure d'avoir proposé des négociations sur le nucléaire iranien. Reste que Téhéran a refusé les conditions américaines pour un tel dialogue, et les efforts pour amener l'Iran à renoncer à ses activités nucléaires controversées ont jusqu'ici échoué.
La secrétaire d'Etat a également essayé de conclure des accords nucléaires majeurs avec la Corée du Nord et l'Inde, mais malgré des progrès avec Pyongyang, aucun n'a encore vu le jour.
Le sommet d'Annapolis pourrait toutefois laisser la marque la plus durable sur son bilan. Reste que la tâche s'annonce très difficile, a-t-elle reconnu ce mois-ci lors d'une conférence de presse avec le président palestinien Mahmoud Abbas. "Si (le conflit israélo-palestinien) était facile à résoudre et à terminer, cela aurait été fait depuis des années", a-t-elle souligné. AP
lma/v411/st
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