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Quelque 1,5 million d'électeurs sont appelés aux urnes samedi au Kosovo, pour des élections législatives et municipales, sur fond d'incertitudes quant à l'avenir de la province séparatiste de Serbie, alors qu'approche la date-butoir fixée par l'ONU pour trouver une solution sur son statut.
Le scrutin vise à désigner les 120 membres du Parlement de la province ainsi que de 30 assemblées locales et des maires. La minorité serbe devrait boycotter, suivant ainsi les recommandations des autorités serbes qui leur demandent de ne pas voter pour des institutions dominées par les albanophones, majoritaires dans la province.
Le parti comptant le plus de sièges au Parlement formera un gouvernement et nommera un Premier ministre. De récents sondages montrent que le Parti démocratique du Kosovo (PDK, opposition) dirigé par l'ancien chef rebelle Hashim Thaci devrait l'emporter, mais que l'assemblée pourrait ne pas avoir de majorité claire.
Ce scrutin est le premier depuis la mort en janvier 2006 du président kosovar Ibrahim Rugova, dont la Ligue démocratique du Kosovo (LDK) a remporté les deux dernières élections générales depuis 1999, mais semblait devoir connaître samedi sa première défaite électorale.
Les élections interviennent dans un climat de désenchantement croissant dans la province, administrée depuis 1999 par l'ONU et l'OTAN, alors que l'aspiration des albanophones à l'indépendance ne s'est toujours pas concrétisée et que l'économie reste sinistrée. Les hommes politiques sont "tous les mêmes", déclare Hilmi Shabani, sans emploi. "Ils promettent tout alors que le pays est dans le noir."
Deux années de négociations sur le statut du Kosovo entre les albanophones, qui représentent 90% de la population, et Belgrade n'ont pas permis de réelles avancées. Actuellement, les pourparlers entre les deux camps se déroulent sous l'égide de la "troïka" (Union européenne, Russie et Etats-Unis), pour un processus qui doit normalement s'achever le 10 décembre, date-butoir fixée aux émissaires des Trois pour informer le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon du résultat des négociations.
Autre déception pour les Kosovars, les dirigeants de la province, qui avaient promis de proclamer immédiatement l'indépendance si aucun accord n'était conclu d'ici le 10 décembre, ont récemment fait marche arrière. Ils expliquent désormais que le rapport des médiateurs de la "troïka" permettra de clarifier la situation et de déterminer à quel moment une telle annonce pourrait avoir lieu.
Signe de l'impatience croissante des albanophones, des groupes d'hommes armés et masqués sont apparus récemment, menaçant de repartir au combat si la province n'accède pas à l'indépendance.
Le résultat du scrutin ne devrait pas influencer les négociations sur l'avenir du Kosovo, l'ensemble des partis en lice partageant des vues similaires sur l'indépendance. Albanophones et Serbes doivent se retrouver mardi à Bruxelles pour une nouvelle série de discussions.
Durant la campagne, les hommes politiques se sont affrontés sur le terrain de l'économie et du renforcement de l'Etat de droit. Le PDK a cherché à séduire les jeunes, intégrant une star locale du rap sur sa liste de candidats pour le Parlement. D'autres partis ont offert des pizzas gratuites à leurs partisans et organisé des "happy hours" dans les bars.
Selon le chef du PDK, Hashim Thaci, le scrutin, qui sera suivi par 400 observateurs internationaux, devrait renforcer la légitimité des dirigeants de la province. "Le Kosovo est prêt à fonctionner comme une démocratie et nous construirons des institutions multiethniques et respecterons l'agenda de la communauté internationale après le 10 décembre", a-t-il déclaré à l'Associated Press.
"Après cela nous aurons notre propre agenda. Nous proclamerons l'indépendance du Kosovo et les pays occidentaux nous reconnaîtront", prédit-il. AP
lma/v532/nc
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