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actu & culture


LA HAYE - mercredi 07 novembre 2007 à 16h07

Le procès de Vojislav Seselj s'ouvre devant le TPIY


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Le procès de l'ultranationaliste serbe Vojislav Seselj, accusé d'avoir attisé les tensions ethniques qui ont entraîné la dislocation dans le sang de l'ex-Yougoslavie, s'est ouvert mercredi devant le Tribunal pénal international (TPIY). L'accusation lui impute la responsabilité d'atrocités perpétrées par des unités paramilitaires serbes.

Président du Parti radical serbe, principal parti d'opposition en Serbie, Seselj est l'une des figures politiques les plus importantes détenues par le tribunal basé à La Haye. Son procès est l'une des dernières chances pour le TPIY de faire comparaître des responsables serbes pour leur rôle dans les guerres qui ont déchiré les Balkans au début des années 1990.

Par ses discours extrémistes, Seselj, ancien collaborateur du défunt président yougoslave Slobodan Milosevic, a poussé les Serbes au meurtre, à la torture et au viol dans le but de créer une "grande Serbie" par le nettoyage ethnique dans une partie de la Bosnie et de la Croatie, a déclaré la procureure Christine Dahl.

"Finalement, M. Seselj n'a pas créé de grande Serbie", a-t-elle relevé. "Il n'a réussi à créer qu'une Serbie plus petite et a donné au monde l'expression 'nettoyage ethnique'."

Durant sa déclaration, Mme Dahl a raconté l'histoire d'un témoin à charge, une musulmane dont le mari et les deux jeunes enfants ont été tués par les Serbes et qui fut elle-même violée par les paramilitaires serbes. "La destruction de sa communauté, de sa vie et de sa famille illustre le produit du nationalisme (...) belliqueux propagé par l'accusé", a-t-elle déclaré aux juges.

Seselj, qui assure sa propre défense, ne nie pas avoir prononcé des discours nationalistes, mais explique que cela ne constitue pas un crime de guerre. Slobodan Milosevic, mort en détention en mars dernier avant la fin de son procès pour génocide au TPIY, partageait avec Seselj l'objectif d'une grande Serbie, mais alors que le premier "n'osait pas appeler haut et fort à la libération des territoires serbes, Seselj le faisait", a souligné Mme Dahl.

Vojislav Seselj a également fourni des troupes considérées parmi les plus brutales des guerres balkaniques, a poursuivi la procureure. "Durant la guerre, il a adopté le rôle de commandant paramilitaire qui a levé sa propre armée de volontaires. Il les a endoctrinés avec ses propres idées toxiques et les a envoyés sur les lignes de front où (ces hommes) et d'autres ont commis des crimes indicibles."

Portant un costume bleu et une cravate rayée, Seselj est resté le plus souvent impassible, mais il a souri et même ri par moments durant la déclaration de Mme Dahl. Son procès s'était initialement ouvert le 27 novembre 2006, mais avait été immédiatement suspendu en raison de la grève de la faim menée par l'accusé pour tenter d'obtenir satisfaction à plusieurs demandes, dont celle de pouvoir assurer lui-même sa défense qui lui a été finalement accordée.

Seselj, 53 ans, a plaidé innocent des charges retenues contre lui, notamment de meurtre, persécution, traitement inhumain et destruction injustifiée de biens, dont des édifices religieux. L'accusé, qui risque la prison à vie, devrait s'exprimer jeudi.

Le juge français Jean-Claude Antonetti, qui préside la chambre chargée de juger Seselj, a accordé 120 à 125 heures à chacun des procureurs participant au procès et à l'accusé pour présenter leurs arguments. Les procureurs prévoient de convoquer 101 témoins, qui seront entendus à partir du 11 décembre. L'accusé devrait demander à plusieurs personnes de témoigner en sa faveur, mais devrait surtout témoigner pour lui-même.

Le premier témoin de l'accusation est un expert, qui selon Mme Dahl, expliquera la "contribution" de Seselj aux violences qui ont embrasé les Balkans.

Seselj s'est rendu volontairement en février 2003, se déclarant innocent. Ratko Mladic et Radovan Karadzic, les anciens chefs militaire et politique des Serbes de Bosnie, inculpés de génocide, restent les principaux suspects encore recherchés par le TPIY. AP

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