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Les pourparlers sur le futur statut du Kosovo, lundi à Vienne, n'ont pas permis de progresser entre les représentants de Belgrade et les négociateurs albanophones, qui ont prévenu que la petite province serbe était prête à s'autoproclamer indépendante si les discussions n'aboutissaient pas dans les délais prévus par les Nations unies, c'est-à-dire d'ici au 10 décembre.
"Malheureusement, je ne peux pas dire que nous avons réussi aujourd'hui à atteindre quoi que ce soit de crucial dans nos discussions avec la délégation de Pristina", a déclaré le président serbe Boris Tadic au cours d'une conférence de presse finale. "Malheureusement, je ne peux rapporter aucun progrès qui aurait été réalisé aujourd'hui", a confirmé Skender Hyseni, membre de la délégation albanophone.
La réunion organisée sous l'égide des négociateurs américains, russes et européens qui doivent rendre compte de leurs travaux au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon d'ici au 10 décembre. La "Troïka" a assuré dans un communiqué que des options "variées" seraient encore étudiées d'ici au 10 décembre. Une prochaine réunion est prévue à Bruxelles le 20 novembre.
Mais certains diplomates ne cachaient plus leur scepticisme. "En principe, je pense qu'il y a une chance (d'aboutir) à une solution de compromis (...) mais cette chance est très mince", a ainsi déploré le diplomate russe Alexander Botsan-Karchenko.
Dans la journée, le président serbe Boris Tadic avait proposé de s'inspirer du modèle d'"un pays, deux systèmes" de Hong Kong, où le territoire a réintégré la Chine en 1997 mais conserve le système économique capitaliste, judiciaire et les libertés civiles hérités de 156 ans de domination britannique. La partie kosovare a rejeté la suggestion.
Hachim Thaci, ancien chef rebelle du Kosovo reconverti dans la politique, a déclaré que les Albanophones entendaient participer aux discussions jusqu'au bout, mais "après cela, nous déclarerons immédiatement notre indépendance" en espérant "la reconnaissance de la communauté internationale", a-t-il prévenu.
La Serbie refuse toujours d'accorder l'indépendance au Kosovo, placé sous administration civile de l'ONU depuis 1999 et dont 90% des deux millions d'habitants sont albanophones. Washington soutient l'indépendance et a laissé entendre qu'il reconnaîtrait le Kosovo mais ses alliés européens se montrent réticents à reconnaître un nouvel Etat sans que le Conseil de sécurité de l'ONU l'ai déjà fait.
Le 22 octobre, les médiateurs ont présenté aux deux camps un document en 14 points pour tenter de trouver un accord. C'est ce projet qui était discuté lundi. Il ne mentionne pas explicitement l'indépendance mais assure aux Albanais du Kosovo que la Serbie "ne rétablira pas une présence physique" dans la province. La communauté internationale conserverait une présence civile et militaire au Kosovo. La Serbie et la Russie ont récemment rejeté un plan élaboré par l'ONU, en vertu duquel le Kosovo aurait été indépendant mais placé sous supervision de la communauté internationale. AP
st/v464/lp/v630
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