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actu & culture


VIENNE - lundi 24 juillet 2006 à 17h55

Réunion sur l'avenir du Kosovo à Vienne: les deux parties campent sur leurs positions



Autonomie ou indépendance? Serbes et albanophones se sont retrouvés au plus haut niveau lundi, à Vienne, en Autriche, pour des discussions sans précédent sur le futur statut de la province serbe du Kosovo. Mais les chances d'avancer sont minces, tant les deux parties campent sur leurs positions.

La majorité albanophone de la province souhaite en effet que le Kosovo devienne indépendant, alors que Belgrade insiste pour qu'il demeure partie intégrante de la Serbie. "Belgrade veut tout donner sauf l'indépendance et Pristina ne veut rien que l'indépendance", a résumé au cours d'une conférence de presse le Finlandais Martti Ahtisaari, l'envoyé spécial des Nations unies chargé de superviser les pourparlers. "Il est évident" que les positions des deux parties sont "assez éloignées", a-t-il dit, sous forme de litote.

La délégation serbe est conduite par le président Boris Tadic et le Premier ministre Vojislav Kostunica, l'autre délégation comprenant le président de la province Fatmir Sejdiu et son Premier ministre Agim Ceku ainsi que deux dirigeants de l'opposition.

A leur entrée dans la salle de réunion, les dirigeants ont échangé des poignées de mains avec Martti Ahtisaari, le chancelier autrichien Wolfgang Schüssel et la ministre autrichienne des Affaires étrangères Ursula Plassnik. Puis ils ont pris place autour d'une table, sous le regard de diplomates du Groupe de Contact (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Italie et Russie).

D'après M. Ahtisaari, l'atmosphère était plus cordiale que prévu, en dépit des désaccords. "Il n'était pas facile pour les deux parties de venir à une telle réunion", a-t-il noté.

Face aux exigences incompatibles des délégations -les albanophones réclament l'indépendance totale, quand la Serbie leur offre une large autonomie-, les responsables de l'ONU se montrent en tout cas pessimistes. "Il serait naïf de croire que les deux parties vont parvenir à un accord après cette réunion", a prévenu Hua Hiang, porte-parole de Martti Ahtisaari.

Des extraits des discours de MM. Kostunica et Tadic, prononcés dans la matinée à huis clos, ont été rendus publics. "La Serbie n'acceptera pas qu'un autre Etat soit créé sur 15% de son territoire", a lancé le Premier ministre serbe. "L'autonomie essentielle pour le Kosovo doit être garantie et étayée par une solution constitutionnelle." "Peut-être conclurons-nous aujourd'hui que nous sommes loin d'un accord sur le Kosovo (...) mais nous devons tout faire pour arriver à un accord", a de son côté souligné M. Tadic.

Avant la réunion, Fatmir Sejdiu avait précisé que sa délégation avait pour mandat de créer un Kosovo indépendant, un objectif selon lui non négociable.

Ces discussions -précédées par des réunions à un niveau moins élevé depuis février- visent à guider les deux parties vers une solution négociée d'ici à la fin de l'année.

Les derniers entretiens formels sur le statut du Kosovo ont eu lieu en 1999, à Rambouillet, en France, à l'apogée du conflit entre les forces serbes et les séparatistes albophones. Ces pourparlers, qui n'ont rien donné, ont mené à 78 jours de bombardements aériens de l'OTAN qui ont contraint Belgrade à cesser ses opérations de répression.

Depuis sept ans, la province est un "protectorat" de l'ONU où patrouillent des soldats de l'OTAN. Si la violence a diminué, les albanophones -90% des deux millions d'habitants de la province- et la minorité serbe restent profondément divisés. AP

cr/v/st/ll/v0598




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