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actu & culture


WASHINGTON - lundi 10 septembre 2007 à 19h23

La stratégie américaine en Irak passée au crible du Congrès


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C'est l'audition la plus attendue d'un responsable militaire depuis des décennies devant le Congrès américain. Le général David Petraeus, commandant des forces américaines en Irak, témoignait lundi devant les membres de deux commissions parlementaires qui devaient le presser de questions sur la stratégie de Washington et sur la nécessité de maintenir toutes les troupes sur le terrain.

L'exercice s'annonçait périlleux pour le général américain ainsi que pour l'ambassadeur des Etats-Unis à Bagdad, Ryan Crocker, entendus conjointement par les membres de deux commissions majeures de la Chambre des représentants: celles des Services armés et des Affaires étrangères.

Il s'agit de la première des trois auditions prévues cette semaine sur l'avenir d'un engagement militaire de plus en plus impopulaire dans la société et la classe politique américaines après quatre ans et demi de présence militaire en Irak et plus de 3.700 GI's et des dizaines de milliers d'Irakiens tués.

Mardi, ce sera au tour du Sénat -à majorité démocrate, tout comme la Chambre- d'engager l'offensive à distance avec la Maison Blanche. Le militaire et le diplomate témoigneront cette fois devant la commission des Affaires étrangères et celle des Services armés de la chambre haute du Congrès, où siègent plusieurs des principaux prétendants à l'investiture démocrate pour la présidentielle de 2008.

Ces auditions étaient évidemment suivies de près à la Maison Blanche où le président George W. Bush a de plus en plus de mal à imposer sa stratégie militaire face aux critiques et pressions croissantes des parlementaires démocrates. Sa décision d'envoyer quelque 30.000 soldats en renfort au début de l'année, portant le déploiement américain à près de 170.000 hommes était au coeur des débats.

Vendredi, dans un courrier adressé à ses soldats et publié sur le site Internet des forces américaines en Irak, le général Petraeus avait reconnu que les renforts envoyés dans le pays n'avaient pas réussi à permettre les progrès politiques attendus. "Beaucoup d'entre nous avaient espéré que cet été serait le moment de progrès politiques tangibles au niveau national", écrivait ainsi le général.

Tout en assurant ses soldats que la sécurité s'était améliorée en Irak et que les forces américaines avaient "pris de l'élan", il reconnaissait aussi que le gouvernement irakien n'avait pas pu prendre les décisions politiques attendues sur les sujets-clés comme le partage des ressources pétrolières.

Le président Bush avait assuré en janvier que l'envoi des renforts qu'il avait alors décidé permettrait ces avancées politiques. "Cela n'a pas fonctionné comme nous l'avions souhaité", commentait David Petraeus dans une lettre qui semblait préfigurer son rapport.

Avant même que le général Petraeus ne prenne la parole devant les parlementaires, la querelle entre pro et anti-guerre a encore pris de l'ampleur lundi avec la publication dans le "New York Times" d'un très polémiste encart publicitaire pleine page. Dans cette pub grand format dans le plus influent quotidien américain, le mouvement anti-guerre MoveOn.org accuse le général quatre-étoiles de "manipuler les faits" au profit de la Maison Blanche. Et d'ironiser sur le nom du militaire: "General Petraeus or General Betray Us?" ("général Petraeus ou général 'nous trahit'?").

Plusieurs fidèles républicains ont immédiatement pris la défense du militaire pour qualifier la publication de cet encart de "tactique puérile" condamnable, voire de "gifle au visage de chaque membre des forces armées".

Mais les démocrates avaient bien l'intention de profiter de ces auditions pour faire valoir encore un peu plus leurs arguments devant l'opinion américaine. "La réalité est que, malgré un léger progrès sur le front de la sécurité, il y a, en fait, aucune sécurité réelle à Bagdad ou dans la province d'Anbar", a souligné ce week-end le sénateur démocrate du Delaware Joseph Biden, candidat à la présidentielle 2008 et président de la Commission sénatoriale des Affaires étrangères, de retour d'un voyage en Irak. AP

sop/V/nc




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