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actu & culture


VIENNE - jeudi 30 aout 2007 à 19h24

Kosovo: les négociations de Vienne n'ont rien donné


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Chaque partie a campé sur ses positions jeudi à Vienne lors des pourparlers sur l'avenir du Kosovo: Pristina a menacé de déclarer unilatéralement son indépendance et Belgrade a mis en garde la province à majorité albanophone contre toute sécession. Les négociations sous l'égide de la troïka (Russie, Union européenne, Etats-Unis) sont dans l'impasse, ce qui n'augure rien de bon pour le 10 décembre prochain, lorsqu'expireront les trois mois de discussions réclamés par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon.

"Il n'y a pas eu de progrès et aucun de nous ne s'attendait à une avancée", a rapporté Alexander Botsan-Kharchenko, le délégué russe de la troïka.

"Assez d'atermoiements. Nous ne pouvons pas nous permettre que l'incertitude perdure. Nous avons besoin d'une décision", avait auparavant déclaré à l'Associated Press le Premier ministre kosovar Agim Ceku.

Si les négociations "n'ouvrent pas la voie à une déclaration d'indépendance", comme le prévoyait, sous supervision internationale, le plan de l'émissaire onusien Martti Ahtisaari, rejeté par Belgrade, "nous devrons le faire et nous demanderons à la communauté internationale de nous reconnaître", a-t-il averti.

En guise de réponse, Belgrade a montré les dents. "Le gouvernement serbe annulera tout acte d'indépendance unilatéral", a averti le Premier ministre Vojislav Kostunica, en appelant la communauté internationale à ne pas autoriser le Kosovo à faire sécession.

Tandis que les discussions entrent dans "une étape très délicate", le ministre serbe des Affaires étrangères Vuk Jeremic a mis en garde contre la tentation de la violence. "Il y a un engagement total pour la paix. La violence ou les menaces de violences (...) sont absolument inacceptables".

Slobodan Samardzic, le ministre serbe pour le Kosovo, estime avoir offert à la province une large autonomie qui lui octroie "plus de prérogatives qu'elle n'en a jamais eues".

Dans ce qui semble être une réponse aux déclarations d'Agim Ceku, le délégué européen de la troïka Wolfgang Ischinger dit avoir reçu l'assurance des deux parties qu'elles ne feraient "aucun acte ou déclaration qui mettraient en péril le processus de la troïka et qui pourraient être perçus comme une provocation pour l'avenir". Il a refusé d'entrer dans les détails.

Décrivant la session de jeudi comme "constructive et amicale", Wolfgang Ischinger a indiqué que les discussions se poursuivraient à la mi-septembre et en marge de l'Assemblée générale de l'ONU. Les deux parties doivent se revoir en face à face "dès que possible", a ajouté le délégué européen.

Des deux millions d'habitants au Kosovo, 90% sont albanophones. Cette population attend l'indépendance depuis des années, a rappelé le négociateur albanophone Veton Surroi. "Nous ne pouvons pas passer éternellement d'un processus à un autre", a-t-il noté. "Nous ne parlons pas du passé mais de l'avenir".

Si le Kosovo reste officiellement une province de la Serbie, il est administré par les Nations unies et par l'OTAN depuis 1999, année où les bombardements de l'Alliance atlantique ont mis fin à la répression de l'armée serbe contre les séparatistes albanophones. AP

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