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Zarko Zivaljevic attend avec impatience la nouvelle phase de négociations sur l'avenir du Kosovo qui doit s'ouvrir jeudi à Vienne, en Autriche. Ce réfugié serbe de la province sous administration onusienne espère que les discussions favoriseront une solution susceptible de mettre fin à l'épreuve que vit sa famille depuis des années.
Mais quelle que soit l'issue des 120 jours de pourparlers sous l'égide de la Troïka (USA, UE, Russie), cet homme de 52 ans doute de pouvoir retrouver la vie qui précéda sa fuite du Kosovo en 1999, lors de la campagne de bombardements menée par l'OTAN pour mettre un terme à la répression serbe des séparatistes. "Nous paierons le prix, nous le payons toujours", dit-il, amer.
Comme quelque 200.000 autres Serbes, Zivaljevic, qui vivait à Pec dans l'ouest du Kosovo, a quitté la province avec ses deux frères, leurs parents, femmes et enfants. Si quelques-uns ont regagné le Kosovo, la plupart se sont installés dans le centre de la Serbie ou dans des camps de réfugiés.
Huit ans plus tard, la vie reste difficile et les perspectives d'avenir semblent sinistres: la famille Zivaljevic, qui possédait une ferme dans les faubourgs de Pec et un logement en ville, vit dans un camp de réfugiés en banlieue de Belgrade. Les bâtiments sont vieux, humides, avec eau courante mais sans vraie salle de bains. Des câbles électriques de fortune pendent au plafond.
D'après les Zivaljevic, une famille albanophone vit aujourd'hui dans leur maison de Pec. Et leurs efforts pour reprendre leur bien ont échoué. "J'avais une maison et une terre, et regardez où je vis maintenant", dit Zivaljevic. "Ce sont les gens ordinaires qui souffrent, c'est comme ça dans chaque guerre".
Le statut des réfugiés du Kosovo a été l'un des principaux sujets des discussions entre Serbes et Albanophones. Belgrade a exigé qu'ils puissent rentrer dans le cadre du règlement définitif. Sous administration de l'ONU depuis 1999, la province, qui fait toujours partie de la Serbie, est dominée par les albanophones en quête d'indépendance tandis que les Serbes du Kosovo résident dans des enclaves isolées, gardées par les soldats de l'OTAN.
"Mon coeur se brise quand je pense à ce que j'ai laissé" derrière moi, dit Vlajinka Ilic, de Kosovska Kamenica, dans l'est du Kosovo. Elle aussi avait une maison et une ferme, avant de fuir en 2001, sur fond d'attaques des extrémistes albanophones en quête de vengeance. Ses yeux se remplissent de larmes quand elle évoque sa maison perdue.
Les discussions sous médiation de l'ONU qui ont duré un an sur le statut du Kosovo n'ont pas permis en 2006 de débloquer la situation entre Belgrade, qui insiste pour le Kosovo demeure dans le giron serbe et les Albanophones désireux d'obtenir l'indépendance.
Moscou et la Serbie ont rejeté le plan de l'envoyé spécial de l'ONU, le Finlandais Martti Ahtisaari, soutenu par Washington et les Européens, qui proposait l'accession à l'indépendance de la province avec le maintien d'une présence internationale pour garantir les droits de la minorité serbe.
Les négociations ont donc dû reprendre, et une nouvelle phase de pourparlers débute jeudi à Vienne. Elle devra être suivie de la remise d'un rapport d'émissaires internationaux au secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon le 10 décembre, alors que des voix dans la communauté internationale n'excluent plus l'idée de la partition pour sortir de l'impasse.
Les réfugiés du camp de Resnik attendent de connaître le fruit de ces nouvelles discussions. Mais ils disent aussi ne plus nourrir d'illusions, après avoir manifesté peu d'intérêt pour les manoeuvres politiques se déroulant loin de leurs souffrances quotidiennes. "Ils nous manipulent et nous mentent", dit Zivaljevic, évoquant tant les hommes politiques albanophones que serbes.
Interrogés sur leur vie passée au Kosovo, les réfugiés affirment qu'ils entretenaient de bonnes relations avec leurs voisins albanophones, et attribuent la responsabilité de la guerre aux extrémistes des deux camps. "Nous sommes des gens normaux, nous pouvons vivre normalement n'importe où si seulement on nous le permettait", dit Milenko Zivaljevic, frère aîné de Zarko. AP
cr/v336/594/nc
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