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actu & culture


BELGRADE - dimanche 16 juillet 2006 à 19h36

Belgrade s'apprête à présenter à l'UE un "plan d'action" pour arrêter Ratko Mladic



Dans l'espoir de renouer les négociations de partenariat avec l'Union européenne, les dirigeants serbes doivent présenter cette semaine à Bruxelles un plan détaillé pour arrêter l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic, le suspect le plus recherché par tribunal de La Haye.

Le président serbe Boris Tadic et son Premier ministre Vojislav Kostunica doivent s'entretenir de lundi à mercredi avec des responsables de l'Union européenne et de l'OTAN des efforts déployés par Belgrade pour mettre la main sur le général Mladic, inculpé de génocide et crimes contre l'humanité par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPYI).

Le "plan d'action" de la Serbie -dont les détails n'ont pas été diffusés dans l'immédiat- a été élaboré en coopération avec le TPIY et l'UE, a précisé dimanche Rasim Ljajic, le représentant gouvernemental serbe en charge de la coopération avec le tribunal installé à La Haye.

Dans un communiqué, le gouvernement a affirmé que ce plan "permettrait" de remplir "toutes les obligations envers le tribunal de La Haye, en partenariat avec l'Union européenne".

Ce projet envisagerait une aide -non spécifiée- des Etats-Unis et des Vingt-Cinq pour appréhender le fugitif, qui se cacherait en Serbie avec le soutien de responsables militaires du pays depuis son inculpation en 1995.

Le général Mladic, âgé de 64 ans, est accusé d'avoir orchestré le massacre de 8.000 musulmans de l'enclave de Srebrenica, et d'autres crimes de guerre commis durant la guerre en Bosnie entre 1992 et 1995.

Belgrade a intensifié ses efforts pour arrêter Ratko Mladic depuis que l'UE a gelé ses discussions de partenariat avec la Serbie en mai et que Washington a suspendu son aide tant que le suspect ne serait pas remis au TPIY de La Haye.

Cet isolement international partiel a porté un coup majeur aux efforts de réforme de la Serbie, à laquelle l'étiquette de paria a collé des années durant sous la présidence de Slobodan Milosevic, mort en mars dernier. Il a également mis en danger la position du pays dans les discussions en cours sur le futur statut de la province séparatiste du Kosovo, que Belgrade souhaite conserver à l'intérieur de ses frontières.

Des responsables serbes espèrent désormais que le plan destiné à appréhender Mladic contribue à nouer des liens plus étroits avec Washington et Bruxelles, et mène à une reprise des négociations avec l'UE avant même l'arrestation de l'ancien commandant militaire des Serbes de Bosnie.

A Bruxelles, des diplomates et des responsables européens ont cependant insisté sur le fait qu'il ne pouvait pas y avoir de négociations sur l'accord de stabilisation et d'association, considéré comme une première étape vers l'adhésion à l'UE, avant le placement en détention de Mladic. Mais "nous pouvons reprendre les négociations pour un accord d'association avec la Serbie, voire le jour même, si nous observons que la Serbie coopère pleinement avec le tribunal de La Haye", a souligné le commissaire européen en charge de l'Elargissement Olli Rehn. AP

cr/v/sb




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