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actu & culture


LA PLATA, Argentine - vendredi 06 juillet 2007 à 13h14

Argentine: un aumônier jugé pour son rôle sous la dictature


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Le procès d'un ancien aumônier de la police argentine, le premier ecclésiastique catholique jugé pour complicité de meurtres, de tortures et d'enlèvements sous la dictature militaire (1976-83), s'est ouvert jeudi au palais de justice fédéral de La Plata, capitale de la province de Buenos Aires.

Arrêté en 2003, le père Christian Von Wernich, âgé de 69 ans, est accusé d'avoir collaboré avec des agents des forces de sécurité et d'avoir couvert sept meurtres, 31 cas de tortures et 42 cas d'emprisonnement illégal.

A la lecture de l'acte d'accusation, les cris d'"assassin!" de quelque 200 activistes manifestant leur indignation pouvaient être entendus dans la salle du tribunal, où l'accusé, vêtu de sombre, portait un gilet pare-balles.

L'ancien aumônier s'est refusé à toute déclaration sur les conseils de son avocat, qui a rejeté tous les chefs d'accusation et promis une défense vigoureuse.

L'accusation a annoncé qu'elle appellerait à la barre des survivants pour témoigner que le religieux a collaboré avec les tortionnaires des forces de la police. Il aurait aussi fourni à des agents de sécurité des informations obtenues auprès de prisonniers auxquels il apportait une "assistance spirituelle" dans des centres de détention clandestins.

Le procureur Sergio Franco a accusé Christian Von Wernich d'avoir été en "contact direct" avec des prisonniers et d'avoir même infligé des "tourments" psychologiques à des victimes incarcérées illégalement et torturées par des policiers.

D'après le juge Carlos Rozanski, le tribunal a pris des mesures sans précédent pour assurer la protection des témoins dans ce retentissant procès.

Officiellement, près de 13.000 personnes ont été tuées ou ont disparu durant la "guerre sale", la répression de la dictature contre les dissidents. Selon des associations de défense des droits de l'Homme, le bilan est cependant plus proche des 30.000 morts et disparus.

Le président argentin Nestor Kirchner, qui a fait de la question des droits de l'Homme l'une des priorités de son gouvernement, a estimé que ce procès était un nouveau pas vers l'examen judiciaire des abus passés. Il a souhaité que la justice triomphe, "pas la vengeance". "Il y a des prêtres qui ont fait honneur à leur pays et à leur église et puis il y a des prêtres qui, Dieu merci, sont tenus responsables devant le système judiciaire (pour leurs crimes)", a déclaré M. Kirchner, jugeant que Christian Von Wernish avait "déshonoré" l'Eglise.

Un groupe de soutien aux anciens officiers d'extrême droite a estimé que ce procès était une farce et regretté que les anciens militants de gauche responsables par le passé de violences politiques ne soient pas poursuivis. "Ce procès est un cirque romain", a raillé Cecilia Pando, l'une de ses membres. AP

cr/v724/tl




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