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actu & culture


GENEVE - vendredi 29 juin 2007 à 05h52

La Croix rouge internationale dénonce les violations des droits de l'Homme en Birmanie



Lors d'une rare sortie de son habituelle réserve diplomatique, la Croix rouge internationale a dénoncé vendredi les abus du gouvernement birman qui inflige une "immense souffrance" à la population civile et aux prisonniers.

La pratique gouvernementale qui consiste à se servir de milliers de prisonniers comme supplétifs des forces armées les expose aux dangers du combat et à d'autres risques, a déclaré le Comité international de la Croix rouge (CICR) qui cite également des abus répétés de l'armée à l'encontre d'hommes, de femmes et d'enfants vivant le long de la frontière entre la Thaïlande et la Birmanie, et notamment la destruction massive de vivres.

D'habitude le CICR se plaint discrètement de ce genre d'abus directement auprès des gouvernements concernés, ce qui lui vaut d'ailleurs les critiques de certains qui lui reprochent de garder le silence sur de graves violations des droits humains. Le silence de la Croix rouge pendant l'Holocauste en est un exemple extrême, mais plus récemment, elle s'est vu reprocher d'avoir eu connaissance des abus américains à la prison irakienne d'Abou Ghraïb et de ne pas les avoir rendus publics.

En épinglant officiellement la Birmanie, le président du CICR, Jakob Kellenberger a expliqué que le Comité s'est plaint plusieurs fois des abus au gouvernement birman , "mais les autorités n'y ont pas mis fin", a-t-il observé.

"L'usage constant de prisonniers comme supplétifs des forces armées est un sujet de grande inquiétude humanitaire", a déclaré Kellenberger. "Les agissements des autorités se sont traduits par une immense souffrance pour des milliers de personnes dans les zones de conflit."

Dans ces zones de combat, le long de la frontière birmano-thaïlandaise, l'armée a réduit drastiquement la liberté de mouvement, en conséquence de quoi "beaucoup de villageois ne peuvent plus travailler leurs champs".

Les forces armées ont par ailleurs commis "de nombreux actes de violence", y compris des meurtres, sur la population civile de ces zones, selon le CICR. "Elles ont ainsi forcé les villageois à soutenir concrètement les opérations militaires ou à quitter leurs foyers".

Les Nations unies et les puissances occidentales accusent depuis longtemps la junte birmane de violations des droits de l'Homme, lui reprochant notamment de réduire les gens en esclavage et de les forcer à servir comme supplétifs de l'armée, mais c'est la première fois que le CICR est si direct. AP

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