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actu & culture


PRAGUE - mardi 05 juin 2007 à 19h07

A Prague, Bush accuse la Russie d'avoir fait "dérailler" ses réformes démocratiques


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Au risque d'attiser encore les tensions avec un Vladimir Poutine très remonté contre son projet de bouclier antimissile, George W. Bush a épinglé mardi à Prague le bilan démocratique de la Russie, regrettant que des réformes prometteuses aient "déraillé".

"En Russie, on a fait dérailler des réformes qui promettaient autrefois de donner le pouvoir aux citoyens, avec des conséquences perturbantes pour le développement démocratique", a déclaré le président américain dans un discours sur les progrès de la démocratie dans le monde au palais Czernin. Il participait à une conférence organisée notamment par l'ancien dissident soviétique Natan Charansky et l'ancien président tchèque Vaclav Havel réunissant d'anciens dissidents et actuels militants pour la démocratie.

George W. Bush a jugé que les sociétés libres et démocratiques se développent "à des vitesses différentes en différents endroits" et doivent refléter la culture et les usages locaux. Mais il a rappelé que certaines valeurs sont universelles pour toutes les démocraties, fustigeant les pays qui ne les respectent pas.

M. Bush a assuré toutefois que les critiques sur la Russie n'étaient qu'une facette d'une relation forte entre Moscou et Washington. "L'Amérique peut maintenir une amitié et pousser en même temps une nation vers la démocratie", a-t-il expliqué. Il a précisé que ce principe s'appliquait également à l'Egypte, l'Arabie saoudite, le Pakistan ou la Chine, dont les dirigeants "pensent qu'ils peuvent continuer à ouvrir l'économie du pays sans ouvrir aussi le système politique".

Mais ces réserves sur la démocratie russe risquent de ne pas être très bien accueillies par Vladimir Poutine. Déjà fortement agacé par ce qu'il perçoit comme une intrusion des Etats-Unis dans la traditionnelle sphère d'influence de Moscou, le président russe se montre de plus en plus virulent contre le projet de bouclier antimissile de Washington, qui veut installer un système radar en République tchèque et des intercepteurs de missiles en Pologne.

En début de semaine, Vladimir Poutine a même envisagé de prendre "des mesures de rétorsion" et prévenu que la Russie pourrait "avoir des cibles en Europe". La Chine a rejoint le mouvement mardi en dénonçant un projet qui risque selon elle de provoquer une nouvelle course aux armements.

George W. Bush a pourtant profité de sa visite à Prague pour tenter de rassurer Moscou sur le projet de Washington. Il a expliqué qu'il s'agissait d'une mesure "défensive" face à une "menace réelle", posée non pas par la Russie, mais par les "Etats voyous", entre autres.

"La Russie n'est pas l'ennemi", a-t-il assuré en début de journée après une rencontre avec le président tchèque Vaclav Klaus et son Premier ministre Mirek Topolanek.

Tous trois se sont efforcés d'apaiser les craintes d'une partie des Tchèques qui redoutent que le soutien de Prague au bouclier antimissile ne fasse du pays une cible pour le terrorisme, ou lui attire les foudres de Moscou. "La Guerre froide est finie. Elle est terminée", a lancé M. Bush aux Tchèques. "Le peuple de la République tchèque ne doit pas avoir à choisir entre être un ami de la Russie ou un ami des Etats-Unis. Vous pouvez être les deux".

Le chef de la Maison blanche a dit avoir hâte de discuter avec Vladimir Poutine lors du G-8 qui s'ouvre mercredi à Heiligendamm en Allemagne, mais aussi lors de la prochaine visite du président russe aux Etats-Unis. "Mon message sera: 'Vladimir -je l'appelle Vladimir- vous ne devriez pas craindre un système de défense antimissile. En fait, pourquoi ne coopéreriez-vous pas avec nous sur un système de défense antimissile'"? AP

sb/v/sop




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