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Le président français Nicolas Sarkozy s'est entretenu vendredi en fin de journée par téléphone avec son homologue colombien Alvaro Uribe. Les deux hommes ont discuté une demi-heure et ont prévu de rester en contact, a-t-on appris auprès de l'Elysée.
Dans un discours prononcé à Bogota, le président Uribe a exprimé l'espoir vendredi de libérer de façon unilatérale des dizaines de rebelles des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) emprisonnés avant le 7 juin, afin qu'ils puissent contribuer à la conclusion d'un accord sur la libération d'une soixantaine d'otages, dont la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, détenus par leurs anciens commandants.
M. Uribe a souligné que les rebelles qui seraient remis en liberté auraient à renoncer à la violence et à servir d'émissaires auprès des commandants des FARC. Pour des "raisons d'Etat" qu'il n'a pas révélées lors de cette annonce surprise, il a dit espérer respecter la date-butoir du 7 juin pour libérer les rebelles.
Mardi, Nicolas Sarkozy avait rappelé à un émissaire du président Uribe, Luis Carlos Restrepo, haut commissaire pour la paix en Colombie, dépêché à Paris, que la libération d'Ingrid Betancourt et des autres otages des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) "devait être recherchée dans le cadre d'une solution négociée et d'un accord humanitaire".
Ce rendez-vous s'inscrivait dans le cadre des efforts du président français pour obtenir la libération d'Ingrid Betancourt, priorité de son action diplomatique depuis son installation à l'Elysée le 16 mai. Le nouveau chef de l'Etat a notamment reçu le 18 mai la famille de l'otage franco-colombienne, après s'être entretenu la veille par téléphone avec son homologue colombien.
Ingrid Betancourt, qui a la double nationalité française et colombienne, a été enlevée le 23 février 2002 alors que la candidate à l'élection présidentielle colombienne faisait campagne dans le sud du pays.
La France a accueilli avec inquiétude les déclarations faites la semaine dernière par le président Uribe, qui avait alors ordonné à l'armée colombienne de préparer une opération pour libérer les otages des FARC.
Vendredi, le ministère français des Affaires étrangères a déclaré avoir "pris acte des déclarations" des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) "par lesquelles elles réitèrent leur disponibilité à conclure un accord humanitaire et à recevoir des émissaires".
"Nous avons également pris note des déclarations du ministre colombien des Relations extérieures, M. Araujo, qui accueille positivement cette perspective de rencontre", a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay. "Nous espérons que ces éléments vont permettre d'enclencher très rapidement une dynamique permettant d'apporter une solution à la douloureuse question des otages, parmi lesquels figure notre compatriote, Mme Ingrid Betancourt", a conclu le porte-parole.
Jeudi, un porte-parole des FARC avait souligné que Nicolas Sarkozy pouvait contribuer à la libération d'Ingrid Betancourt s'il parvenait à convaincre Alvaro Uribe de créer une zone démilitarisée pour négocier un échange de prisonniers. "Les efforts (du président français) pour faire progresser cette proposition seront déterminants pour obtenir le retour chez elle d'Ingrid" et des autres otages, avait déclaré Raul Reyes sur le site Internet ANNCOL proche de la guerilla.
Raul Reyes avait aussi réaffirmé la "détermination inébranlable" de son organisation à parvenir à un échange de prisonniers avec le gouvernement colombien. AP
cr/v1736/div
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