Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|
Le président colombien Alvaro Uribe a ordonné vendredi à Bogota aux responsables de l'armée d'élaborer des plans en vue de libérer l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt et trois consultants militaires américains détenus par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC).
"Messieurs les généraux, nous allons sauver Ingrid Betancourt", a déclaré le président colombien au cours d'une cérémonie militaire à Bogota. "Et qu'il n'y ait pas de doute au Congrès américain sur le fait que nous allons secourir militairement les trois otages américains des FARC", a-t-il ensuite ajouté.
A Paris, le ministère des Affaires étrangères a déclaré vérifier "la teneur des déclarations prêtées au président Uribe", tout en rappelant sa "position constante en la matière, à savoir que la France est opposée à une action militaire qui mettrait en péril la vie des otages".
Mélanie Delloye-Betancourt, la fille d'Ingrid Betancourt, a de son côté dénoncé le "show médiatique" du président colombien. "Soyons logiques: vous voulez libérer quelqu'un par la force, vous allez l'annoncer comme ça au monde entier, surtout pour que les ravisseurs le sachent et qu'au moindre bruit d'hélicoptère, la première chose qu'ils fassent c'est exécuter l'otage?", s'est-elle interrogée sur la chaîne France-2, peu après avoir été reçue par le président Nicolas Sarkozy avec plusieurs membres de sa famille.
Les déclarations du président Uribe interviennent après l'évasion d'un sous-officier de police colombien aux mains des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) depuis huit ans et demi. John Frank Pinchao, a déclaré s'être évadé le 28 avril d'un camp de détention des rebelles près de la ville de Mitu, dans le sud-est de la Colombie. L'ex-otage dit avoir été détenu avec Ingrid Betancourt et trois consultants militaires américains. Il affirme les avoir vus pour la dernière fois le 28 avril, date de son évasion.
L'ancien captif raconte avoir marché, nagé et rampé pendant 17 jours dans la jungle amazonienne avant de tomber mercredi sur une patrouille d'agents de la lutte contre le narco-trafic.
Dès mercredi soir, il a donné une conférence de presse à Bogota, en présence du ministre colombien de la Défense Juan Manuel Santos, au cours de laquelle l'ex-otage a assuré qu'Ingrid Betancourt figurait parmi ses compagnons d'infortune, de même que trois consultants militaires américains, Marc Gonsalves, Tom Howes et Keith Stansell.
M. Pinchao a rencontré jeudi des membres de la famille des otages des FARC, dans un hôpital de la police où il est soigné pour des problèmes de santé liés à sa captivité, dont la malnutrition. Il a expliqué qu'Ingrid Betancourt était enchaînée par le cou chaque nuit aux autres prisonniers à la suite de cinq tentatives d'évasions, ont déclaré vendredi à l'Associated Press des membres de la famille présents lors de cette rencontre.
"Ils la traitent comme un animal", a déclaré le mari de l'otage franco-colombienne, Juan Carlos Lecompte. Il a ajouté redouter que les ravisseurs durcissent encore les conditions de détention des otages. "Les membres de la guérilla mentent quand ils disent qu'ils traitent les femmes et les prisonniers humainement", a-t-il souligné.
Selon lui, M. Pinchao n'a pas donné de précisions sur les tentatives d'évasion d'Ingrid Betancourt, avec laquelle il dit avoir été détenu pendant près de trois ans. Le témoignage de John Frank Pinchao "démontre que les camps de concentration des FARC sont plus cruels que les camps de concentration nazis", a affirmé vendredi le président Uribe.
Ingrid Betancourt, membre du Congrès colombien engagée dans la lutte contre la corruption, a été enlevée le 23 février 2002 tandis qu'elle menait campagne dans le sud du pays en tant que candidate à l'élection présidentielle de la Colombie. La dernière preuve de vie la concernant était une vidéo de septembre 2003.
D'après John Pinchao, Ingrid Betancourt, amaigrie, a souffert il y a un an d'un accès d'hépatite, mais se trouve désormais en bonne santé. Elle occupe ses journées à discuter politique avec les autres otages, à lire et tenir le journal de sa longue captivité, selon sa mère Yolanda Pulecio et Juan Carlos Lecompte. Elle a également réussi à conserver une radio qui lui permet de recevoir les messages quotidiens envoyés par ses proches.
"J'envoie chaque matin à 5h un message à Ingrid et je me demande si elle peut m'entendre ou non. Je sais maintenant qu'elle le peut", a ajouté Mme Pulecio. AP
ll/tl/v3459
Précédent |
Envoyer à un ami |
Imprimer |
Suivant |
|---|