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actu & culture


BOGOTA, Colombie - jeudi 17 mai 2007 à 13h46

Ingrid Betancourt serait vivante


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Les proches d'Ingrid Betancourt attendaient des preuves de vie de la Franco-Colombienne depuis quatre ans. C'est donc avec une joie teintée de prudence qu'ils ont accueilli jeudi le témoignage d'un ex-otage des rebelles qui dit s'être évadé après avoir été détenu jusqu'au 28 avril avec l'ancienne candidate à la présidentielle et trois consultants militaires américains.

"Si je reste encore prudente, c'est tout simplement parce qu'on est habitué en Colombie à tellement de pièges qu'on essaie de rester prudents jusqu'au bout, mais c'est quand même plus que crédible ce qu'il (l'ex-otage) est en train de dire", a réagi jeudi matin Mélanie Betancourt, la fille d'Ingrid Betancourt.

"Le fait qu'il ait été avec maman et les trois otages américains, comme il le dit, serait quand même quelque chose d'assez fou pour nous à apprendre, sachant qu'on n'a pas de preuves de vie de maman depuis quatre ans", a ajouté la jeune femme, interrogée sur RTL.

Mélanie Betancourt, qui réside en France, souligne que c'est "une nouvelle à prendre extrêmement au sérieux", d'autant que le témoignage émane d'un "otage qu'on situe très bien": "sa famille a fait de nombreuses actions aux côtés de mon beau-père et de ma grand-mère en Colombie, donc on voit très bien qui sait", a-t-elle expliqué.

John Frank Pinchao, un sous-officier de police colombien aux mains des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) depuis huit ans et demi, dit avoir réussi à déjouer la vigilance de ses ravisseurs et s'être évadé le 28 avril d'un camp de détention des rebelles près de la ville de Mitu, dans le sud-est de la Colombie. L'ex-otage raconte avoir marché, nagé et rampé pendant 17 jours dans la jungle amazonienne avant de tomber mercredi sur une patrouille d'agents de la lutte contre le narco-trafic.

Dès mercredi soir, il a donné une conférence de presse à Bogota, en présence du ministre colombien de la Défense Juan Manuel Santos, au cours de laquelle l'ex-otage a assuré qu'Ingrid Betancourt figurait parmi ses compagnons d'infortune, de même que trois consultants militaires américains, Marc Gonsalves, Tom Howes et Keith Stansell.

John Frank Pinchao, qui avait été enlevé en novembre 1998, affirme les avoir vus pour la dernière fois le 28 avril, date de son évasion. Il précise que Marc Gonsalves souffre d'une hépatite. "J'espère que mon geste (évasion) ne va pas entraîner des difficultés pour les autres", a-t-il dit au bord des larmes.

Tout comme la fille d'Ingrid Betancourt, le Comité de soutien de la Franco-Colombienne a salué jeudi cette "excellente nouvelle" mais en a profité pour renouveler son opposition résolue à "toute tentative de libération des otages par la force".

Ingrid Betancourt, membre du Congrès colombien engagée dans la lutte contre la corruption, a été enlevée le 23 février 2002 tandis qu'elle menait campagne dans le sud du pays en tant que candidate à l'élection présidentielle de la Colombie. La dernière preuve de vie la concernant était une vidéo de septembre 2003.

Cela fait des années que les FARC et le gouvernement colombien ne parviennent pas à tomber d'accord sur un échange de prisonniers. AP

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