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Dick Cheney s'est arrêté mercredi à Bagdad, première étape surprise de sa tournée au Moyen-Orient, pour rencontrer le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki et les généraux américains. Le vice-président américain a reconnu qu'il reste encore fort à faire pour rétablir la sécurité dans le pays et avancer dans la réconciliation politique entre chiites et sunnites.
Ce passage à Bagdad, qui n'avait pas été annoncé préalablement, constitue la première étape d'une tournée d'une semaine de Dick Cheney au Moyen-Orient. Le numéro deux de l'administration Bush doit se rendre aux Emirats arabes unis, en Arabie saoudite, en Egypte et en Jordanie.
Washington fait pression sur le gouvernement irakien pour qu'il obtienne des progrès dans la lutte contre les violences religieuses et travaille davantage à la réconciliation des communautés sunnites et chiites.
"Je crois qu'ils reconnaissent que c'est dans leur intérêt autant que dans le notre de faire des progrès sur le front politique", a déclaré Dick Cheney à la presse après ses entretiens avec Nouri al-Maliki et d'autres responsables irakiens dont le président irakien, le Kurde Jalal Talabani. "Ils pensent que nous réalisons des progrès, mais nous avons encore un long chemin à faire".
Dick Cheney s'exprimait moins d'une heure après qu'une explosion ait pu être entendue de l'ambassade des Etats-Unis où il a passé la majeure partie de la journée. Les vitres ont tremblé et les journalistes suivant la visite du vice-président ont brièvement été évacués vers une zone plus sûre.
Dick Cheney a ajouté que d'après ses conversations avec les responsables irakiens les violences sectaires "baissaient assez significativement". Mais "je crois que chacun reconnaît qu'il y a encore des problèmes de sécurité, des menaces sur la sécurité, il n'y a pas de doute", a-t-il admis.
Un peu plus tôt, Dick Cheney, qui s'était rendu une première fois en Irak en décembre 2005, avait rencontré le chef des forces américaines en Irak, le général David Petraeus, et le nouvel ambassadeur américain à Bagdad Ryan Crocker, qui lui ont rendu compte de la situation dans le pays où des renforts militaires ont été envoyés par Washington pour tenter de faire face à l'explosion des violences. "Il se passe beaucoup de choses. C'est une période très importante. Il y a beaucoup de choses dont il faut discuter", a commenté Dick Cheney.
Le général Petraeus avait prévenu récemment qu'il fallait s'attendre à ce que la situation se dégrade encore avant d'observer une éventuelle amélioration, qui nécessiterait "un engagement énorme" dans le temps des Etats-Unis.
La visite de Dick Cheney fait suite à une vidéo-conférence en début de semaine entre Nouri al-Maliki et George W. Bush sur la nécessité d'avancer dans l'élaboration d'une législation pour diminuer le fossé entre la majorité chiite et la minorité sunnite. Les parlementaires sunnites menacent en effet de quitter le gouvernement.
Washington veut aussi que le Parlement irakien annule les vacances parlementaires en cette période troublée. "Que le parlement irakien prenne deux mois de vacances au milieu de l'été, c'est impossible à comprendre", a expliqué l'ambassadeur Ryan Crocker, en poste depuis mars, qui a fait le voyage de Washington avec Dick Cheney.
Ces critiques américaines ont suscité une riposte cinglante du président du Parlement irakien, Mahmoud al-Machhadani. "Vous feriez mieux d'essayer de contrôler Nancy Pelosi que Mahmoud al-Machhadani", a-t-il lancé dans une allocution retransmise en direct à la télévision irakienne, dans une allusion à la présidente démocrate de la Chambre des représentants. Ces propos étaient une pique manifeste à l'égard de l'administration Bush, même s'il n'a mentionné nommément aucun de ses membres. Les députés irakiens ont dit qu'ils envisageraient d'écourter, voire annuler leurs vacances, tout en expliquant que les pressions de Washington ne joueraient pas sur leur décision. AP
sb/v420/tl
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