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Les 15es prix RSF/Fondation de France ont été remis mardi au Birman Win Tin dans la catégorie "journaliste", au journal russe "Novaïa Gazeta" pour les médias et au Cubain Guillermo Fariñas Hernández dans la catégorie "cyberdissident", annonce l'organisation. Chaque prix est doté de 2.500 euros. Dans la catégorie "défenseur de la liberté de la presse", c'est l'association Journaliste en danger, au Congo-Kinshasa, qui est distinguée, précise Reporters sans frontières.
Le prix attribué à Win Tin récompense un journaliste qui "par son activité professionnelle, ses prises de position ou son attitude, a su témoigner de son attachement à la liberté d'information".
Le lauréat de cette année a été condamné à 20 ans de prison pour "subversion" et "propagande antigouvernementale" en 1989. Après plus de 17 ans en prison et malgré une santé vacillante, le journaliste, qui est enfermé dans une cellule spéciale de la prison d'Insein à Rangoon, refuse de renier son engagement avec la Ligue nationale pour la démocratie. Il réclame toujours la libération sans condition des milliers de prisonniers d'opinion détenus dans le pays.
Affaibli par une infection urinaire et deux attaques cardiaques, Win Tin, 76 ans, a droit à deux visites par mois.
Dans la catégorie "média", le prix RSF/Fondation de France récompense cette année le bihebdomadaire russe "Novaïa Gazeta" pour lequel travaillait la journaliste Anna Politkovskaïa, assassinée à Moscou le 7 octobre dernier. Le journal, très critique vis-à-vis du pouvoir, est connu pour ses enquêtes qui dénoncent régulièrement la corruption de l'administration russe.
Le Cubain Guillermo Fariñas Hernández, directeur de l'agence de presse indépendante Cubanacán Press, est récompensé dans la catégorie "cyberdissident". Il avait entamé en février 2006 une grève de la faim et de la soif pour demander que tous les Cubains aient accès à un "Internet libre". Les autorités l'avaient hospitalisé de force et placé sous perfusion pour mettre un terme à son action.
Depuis le 20 août, il est maintenu dans un service de soins intensifs en raison de problèmes rénaux et de troubles cardiaques. Un accès "restreint" à Internet lui a été proposé, mais il a refusé, expliquant qu'il ne pouvait exercer dignement son métier de journaliste en ne consultant que des informations filtrées par le gouvernement.
Enfin, dans la catégorie "Défenseur de la liberté de la presse", le prix a été décerné à l'association Journaliste en danger (JED), basée à Kinshasa. C'est "l'une des organisations de défense de la liberté de la presse les plus actives et les plus respectées en Afrique", précise l'organisation de défense de la liberté de la presse.
RSF rend en outre hommage à Gébrane Tuéni, PDG du quotidien "An-Nahar", assassiné le 12 décembre 2005 à Beyrouth dans un attentat à la voiture piégée. AP
ir/com/mw
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