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actu & culture


VILLEFRANCHE-LAURAGAIS - vendredi 10 novembre 2006 à 15h31

Procès du Patriarche: Jean-Paul Séguéla se dit "vraisemblablement manipulé"



Jean-Paul Séguéla, ancien député RPR de Haute-Garonne et conseiller de Charles Pasqua au ministère de l'Intérieur pour les questions de toxicomanie de 1993 à 1995, a été entendu vendredi matin dans le cadre du procès du Patriarche, l'ancienne association d'aide aux toxicomanes répertoriée comme secte par des rapports parlementaires. Il a affirmé avoir été "vraisemblablement manipulé".

Ancien doyen de la faculté de médecine de Toulouse, mis en examen et écroué le 22 mai 2001, il est poursuivi pour "recel d'abus de confiance", "abus de faiblesse" et "blanchiment".

Il est accusé d'avoir bénéficié en 1995 de deux prêts non remboursés, d'un montant de 3,4 millions de francs et un autre de 600.000 francs, émanant de fonds détournés par le fondateur du Patriarche Lucien Engelmajer.

Il lui est également reproché d'avoir profité de travaux de rénovation pendant six ou sept mois dans sa propriété de Bessières (Haute-Garonne), effectués gratuitement par des adhérents du Patriarche, de voyages à l'étranger et d'une carte bancaire liée à un compte de l'association domicilié en Suisse.

Représentant au ministère de l'Intérieur de la DGLDT, Direction générale de la lutte contre la drogue et la toxicomanie de 1993 à 1995, Jean-Paul Séguéla avait été nommé en 1997 au poste de secrétaire général au bureau exécutif de l'Organisation internationale Lucien Joseph Engelmajer (OILJE).

M Séguéla avait rencontré Lucien Engelmajer en 1969, lors d'une conférence sur la toxicomanie. Après sa nomination au ministère de l'Intérieur, il a été contacté par Engelmajer qui "souhaitait être naturalisé français et présenter officiellement ce qu'il faisait en matière de prise en charge des toxicomanes", a expliqué le professeur de médecine.

Il a évoqué le "lien d'amitié" tissé au fil du temps avec Engelmajer, un homme dégageant "une fascination extraordinaire, (qui) avait beaucoup de charisme, une grande facilité de parole. Nous sommes rapidement devenus proches".

C'est en parlant de "l'autoritarisme amical" du gourou que l'ancien député a dit avoir accepté sa proposition d'annuler le remboursement de deux prêts d'un montant global de quatre millions de francs.

Devant la surprise du tribunal pour lequel "il est difficile de penser que M. Séguéla n'ait pas été informé des détournements de fonds" en sa qualité de secrétaire général de l'OILJE, l'ancien député s'est dit "vraisemblablement manipulé".

"Mon idée, à travers la bouche de Lucien Engelmajer, qui était milliardaire et voulait avoir une oeuvre pérenne, était de créer une fondation internationale" de prise en charge des toxicomanes, a-t-il expliqué.

Le procès s'est ouvert mardi devant le tribunal correctionnel de Villefranche-Lauragais. Quatorze prévenus sur les 17 poursuivis au total dans le volet financier de l'affaire du Patriarche comparaissent pour "abus de faiblesse", "abus de confiance", "recel", "blanchiment d'argent" et "abus de biens sociaux", dont huit enfants d'Engelmajer, poursuivis pour avoir bénéficié d'importants détournements de fonds provenant de l'association et de ses satellites.

Absent du procès, le fondateur du Patriarche, 86 ans, sera jugé par défaut: objet de deux mandats internationaux pour "abus de biens sociaux et emploi de travailleurs clandestins" et pour "viols et tentatives de viol sur mineurs de moins de 15 ans", il est en fuite au Belize. AP

dec/nc




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