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actu & culture


LAHTI - vendredi 20 octobre 2006 à 19h24

Chirac défend l'attribution de la Grand-Croix de la Légion d'honneur à Poutine



Jacques Chirac a défendu vendredi au nom de la "tradition républicaine" l'attribution de la Grand-Croix de la Légion d'honneur à Vladimir Poutine, en réponse à la demande de Reporters sans frontières (RSF) que la décoration soit retirée en raison des atteintes aux droits de l'Homme en Russie.

"Il y a une tradition républicaine qui fait qu'on donne la plaque de Grand-Croix de la Légion d'honneur aux chefs d'Etat étrangers", a déclaré le président français lors d'une conférence de presse au conseil européen informel de Lahti (Finlande).

"Il ne faut pas y attacher une importance particulière ou une raison morale", a ajouté Jacques Chirac. Vladimir Poutine devait dîner avec les dirigeants européens vendredi soir à Lahti.

Lors de sa conférence de presse, Jacques Chirac a estimé qu'il n'était "pas question de lier" le problème des droits de l'homme en Russie avec les relations économiques avec ce pays, en particulier dans le domaine de l'énergie. "Ce sont deux sujets qui n'ont pas de rapport", a-t-il dit.

Le président français a rappelé qu'il évoquait "régulièrement avec le président Poutine" la question des droits de l'homme en Russie et que le sujet devait être abordé vendredi soir par la présidence finlandaise de l'Union européenne.

Après la conférence de presse, Jacques Chirac a regretté que les journalistes ne s'intéressent qu'à ce seul sujet au détriment de la question des relations entre l'Europe et la Russie dans le domaine de l'énergie, thème principal du sommet.

"La stabilité de la sécurité de l'Europe dépend notamment de ses bonnes relations avec la Russie, notamment dans le domaine énergétique. Cela suppose de discuter de façon approfondie avec la Russie", a expliqué le président français, un brin agacé par l'insistance de la presse sur le dossier des droits de l'homme.

L'organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans Frontières (RSF) a annoncé vendredi avoir saisi le Conseil d'Etat ainsi que le M. Chirac pour que le président russe soit démis de son titre de Grand-Croix de la Légion d'honneur.

Le président russe a été décoré le 22 septembre dernier par son homologue français, RSF s'élevant déjà à l'époque contre la remise de la plus haute distinction honorifique française à Vladimir Poutine, l'en jugeant "indigne".

Une nouvelle fois, RSF juge cette décoration "impensable" pour un homme qui a "attendu 48 heures pour commenter l'assassinat d'Anna Politkovskaïa", l'une des rares journalistes à rendre compte de la situation en Tchétchénie. L'organisation, qui note que "la Tchétchénie demeure un trou noir de l'information", rappelle que 21 journalistes ont été assassinés en Russie depuis l'arrivée de Poutine au pouvoir, "dans un climat d'impunité quasi-absolu".

"Il est scandaleux d'affirmer que Vladimir Poutine a rendu des services aux causes que la France défend", ajoute RSF. "Nous ne reconnaissons pas les valeurs fondamentales de la France dans les propos de Vladimir Poutine", dénonce RSF, se référant à certaines déclarations tonitruantes du président russe, comme lorsqu'il parlait de "buter les terroristes jusque dans les chiottes" ou s'en prenait à un journaliste, lui proposant de se faire circoncire à Moscou pour que "rien ne repousse". AP

nc/com/egp




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