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"On est particulièrement déçus", a déclaré jeudi un porte-parole des familles des victimes de l'accident du vol Air France Rio-Paris après que le secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau a refusé de nommer un observateur extérieur pour suivre les préparations de la troisième phase de recherches en mer.
"Les recherches en mer sont constamment retardées", a déploré Jean-Baptiste Audousset, président de l'association Entraide et Solidarité AF447, qui a perdu son compagnon dans le crash.
Les deux premières phases de recherches en mer n'a permis de retrouver ni l'épave ni les boîtes noires de l'Airbus A330-200 qui s'est abîmé dans l'Atlantique avec 228 personnes à bord le 1er juin dernier.
Entraide et Solidarité AF447, qui regroupe les proches d'une cinquantaine de disparus, souhaitait que le secrétaire d'Etat aux Transports nomme un observateur extérieur qui puisse prendre part à la préparation de la troisième phase de recherches, d'abord annoncée pour l'automne mais qui devrait finalement être lancée début février.
Or "M. Bussereau a rejeté sans ambiguïté la demande des familles des victimes de nommer un observateur extérieur pour participer à l'étude de cette troisième phase", a déclaré Jean-Baptiste Audousset, dans un entretien téléphonique à l'Associated Press.
"Il a dit non complètement", a également rapporté le secrétaire de l'association Robert Soulas, qui a perdu sa fille et son gendre dans l'accident. "C'était une rencontre très très décevante".
"Les choses traînent en longueur", a dénoncé M. Soulas.
M. Audousset regrette les retards accumulés dans les recherches en mer. D'après lui, la zone de recherches n'est toujours pas délimitée, les moyens financiers n'ont pas été fixés et les moyens techniques ne sont toujours pas mobilisés: "les contrats avec les firmes spécialisées dans les recherches en mer ne sont pas finalisés".
"Nous sommes toujours dans le flou sur ce qui a déjà été fait et sur ce qu'il reste à faire", a résumé le président de l'association Entraide et Solidarité AF447.
Dominique Bussereau assure pour sa part qu'"il n'y a aucune opacité". "Nous avons un ambassadeur auprès des familles", a rappelé le secrétaire d'Etat aux Transports, au sortir de la réunion.
"Il nous a fermement dit de laisser travailler les enquêteurs", a rapporté M. Audousset. "En tant que partie civile, il ne nous reste plus qu'à nous tourner vers les juges d'instruction" en déposant des "demandes d'actes détaillées et circonstanciées". La juge d'instruction Sylvie Zimmerman est saisie depuis le 5 juin dernier d'une information judiciaire pour "homicides involontaires" contre personne non-dénommée.
Jean-Paul Troadec, le nouveau directeur du Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) pour la sécurité de l'Aviation civile, était présent à la réunion jeudi matin. D'après le président de l'association Entraide et Solidarité AF447, la juge d'instruction avait "demandé qu'un expert judiciaire participe à l'étude de cette troisième phase de recherches" et M. Troadec a dit qu'il allait "répondre positivement" à cette requête.
Jean-Baptiste Audousset a cependant jugé "inquiétant" que le Bureau d'enquêtes et d'analyses soit tenu au "secret professionnel". "D'après ce que le directeur du BEA nous a dit, différentes choses pourraient ne pas être transmises" à la justice.
Il s'est enfin "étonné" du temps que prennent les recherches. "On arrive à retrouver la gourmette de Saint-Exupéry au fond de la mer 80 ans après et on n'arrive pas à retrouver 200 tonnes de métal au fond de l'océan!"
"L'enquête sur un accident aérien, ça demande toujours des mois", a justifié Dominique Bussereau au micro de RTL. "Il n'y a aucune information qui peut être donnée pour l'instant". AP
cb/lat/fz
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