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actu & culture


PARIS/DIJON/LYON - jeudi 22 octobre 2009 à 20h21

Affaire Grégory: un rapport d'expertise ouvre de nouvelles pistes de recherches


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Nouvelle étape dans l'affaire du petit Gregory Villemin. Plus de 25 ans après l'assassinat de l'enfant, un rapport d'expertise a révélé que deux traces ADN "identifiables", d'un homme et d'une femme, avaient été retrouvées sur certains scellés, ce qui pourrait relancer de nouvelles investigations.

Le procureur général de Dijon a salué cette "avancée", précisant qu'aucune trace ADN de Christine et Jean-Marie Villemin n'avait été découverte sur les pièces analysées.

Le rapport d'expertise, réalisé par le laboratoire des empreintes génétiques Biomnis à Lyon, demandé par le président de la chambre de l'instruction de Dijon dans une ordonnance du 5 mai 2009, intervient dans le cadre de l'information rouverte par un arrêt de cette même chambre en décembre 2008 comme le souhaitaient les époux Villemin.

Une trace ADN féminine identifiable a été relevée sur le timbre d'une lettre de menaces adressée à Albert Villemin, le grand-père de Grégory, et postée le 24 juillet 1985 dans les Vosges, a déclaré le procureur général de Dijon Jean-Marie Beney lors d'une conférence de presse. De même, un profil ADN masculin qui permet également une "identification" a été mis en évidence sur la lettre elle-même. Selon M. Beney, il n'y avait "aucune trace de Christine et Jean-Marie Villemin sur l'ensemble des supports qui ont été analysées".

Par ailleurs, a précisé le magistrat, "sur certaines cordelettes, ont été mis en évidence un mélange d'ADN excluant Christine et Jean-Marie (Villemin)" mais "dont les résultats ne permettent pas de déduire un profil contrairement" au timbre et à la lettre. Cependant, pour deux des trois cordelettes, ils permettront "le cas échéant d'effectuer des comparaisons ultérieures". Quant à la troisième cordelette, "il est mis en évidence des traces mélangées qui ne permettraient pas de comparaisons ultérieures sauf aux fins d'exclusion", a-t-il dit.

"L'ADN féminin retrouvé sur le timbre et l'ADN masculin retrouvé sur la lettre sont de très bonne qualité et en quantité suffisante pour identifier quelqu'un", a précisé à Lyon Marie-Hélène Cherpin, la directrice du laboratoire Biomnis, qui a analysé durant cinq mois les scellés (le timbre, la lettre,les cordelettes, une seringue et un flacon d'insuline ainsi que les vêtements de Grégory).

Les révélations de ce rapport d'expertise n'ont pas "déçu" les époux Villemin, "très satisfaits" de l'initiative qu'ils avaient prise "de solliciter la réouverture du dossier", ont déclaré leurs avocats Me Marie-Christine Chastant-Morand et Me Thierry Moser lors d'une conférence de presse à Paris.

Selon Me Thierry Moser, les parents du petit Grégory estiment ce rapport "très satisfaisant", "riche d'enseignements, de potentialités", apportant "une lueur d'espoir" mais savent que "pour autant que rien n'est gagné". L'expertise a, selon l'avocat, également démontré le "caractère abject de la théorie développée en son temps par certains enquêteurs", celle de la culpabilité de Christine Villemin.

"C'est bien d'avoir retrouvé des ADN, mais tout le monde a manipulé ces objets, il faut donc être très prudent. En revanche, nous demandons l'expertise des cassettes avec la voix du corbeau car il y a aujourd'hui des moyens techniques qui permettent de la comparer à d'autres voix et donc de trouver le corbeau", a réagi pour sa part Me Gérard Welzer, avocat de Marie-Ange Laroche.

"On peut penser en étant raisonnable que les recherches vont se poursuivre", a avancé le procureur général de Dijon, estimant que le président de la chambre de l'instruction devrait, selon lui, saisir un service de police judiciaire ou de gendarmerie spécialisé "aux fins d'effectuer un certain nombre de recherches et éventuellement d'ordonner des prélèvements". Cela devrait permettre "le cas échéant de faire sortir certaines personnes du dossier", a-t-il souhaité, soulignant par ailleurs que la lettre de menaces avait été "postée quasiment quatre mois" après le décès de Bernard Laroche.

Pour le procureur général, les résultats de l'expertise constituent "une avancée parce que ça permet des recherches, mais ça n'est pas la solution miraculeuse. Et la boule de cristal n'a pas parlé, bien évidemment", a-t-il dit, se déclarant "prudent et mesuré".

Le petit Grégory, quatre ans et demi, avait été retrouvé mort le 16 octobre 1984 pieds et mains liés dans la Vologne, une rivière des Vosges. Bernard Laroche avait été accusé puis innocenté par la justice avant de se faire assassiner par son beau-frère, Jean-Marie Villemin, le père de Grégory, convaincu de sa culpabilité.

Les parents du petit garçon avaient reçu plusieurs lettres anonymes revendiquant le meurtre, mais les enquêtes de la gendarmerie, puis de la police judiciaire de Nancy, n'avaient pas permis d'en identifier le ou les auteurs. AP

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