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actu & culture


PARIS - mercredi 21 octobre 2009 à 21h43

SIDA: la Haute autorité de santé préconise le dépistage généralisé



Proposer le test de dépistage du VIH "à l'ensemble de la population âgée de 15 à 70 ans": telle est la recommandation de la Haute autorité de santé (HAS) pour lutter contre l'épidémie de SIDA en France.

Dans un rapport sur "le dépistage de l'infection par le VIH en France" mis en ligne mercredi sur son site Internet, la HAS souligne que "malgré un nombre de tests de dépistage important, il persiste en France un retard au dépistage de l'infection par le VIH". On estime ainsi à 40.000 le nombre de Français ignorant leur séropositivité, selon la Haute autorité de santé.

Face à cette situation, la HAS préconise de proposer le "test de dépistage de l'infection par le VIH à l'ensemble de la population âgée de 15 à 70 ans". Cette stratégie devrait "faire l'objet d'une évaluation après une première période de cinq ans", et reposerait "sur la mobilisation active des médecins généralistes et autres acteurs de santé", chargés d'expliquer à leurs patients les bénéfices d'un dépistage rapide.

"Un diagnostic rapide peut permettre l'instauration précoce d'un traitement antirétroviral réduisant par conséquent la morbidité et de la mortalité", souligne la HAS. "Il peut également favoriser la mise en oeuvre d'une prise en charge précoce adaptée chez la femme enceinte séropositive réduisant les risques de transmission à l'enfant ou une prévention des infections opportunistes".

Pour Etienne Caniard, membre du Collège de la HAS, il ne s'agit pas d'un "dépistage systématique et organisé qui fasse passer les 60 millions de Français à travers le tamis". "Il s'agit de le proposer systématiquement. C'est une proposition systématique de dépistage", a-t-il indiqué sur France-Info.

La Haute autorité de santé préconise par ailleurs "la proposition ciblée et régulière du test de dépistage de l'infection par le VIH pour certaines populations exposées à un risque de contamination", comme des "hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes", des "personnes hétérosexuelles ayant eu plus d'un partenaire sexuel au cours des derniers 12 mois", ou encore des "usagers de drogues injectables".

Le Pr Jean-François Delfraissy, directeur de l'Agence nationale de recherche sur le SIDA, a salué cette proposition de dépistage généralisée. "Nous étions tout à fait sur cette longueur d'ondes depuis maintenant 18 mois, et c'est bien qu'une structure comme la HAS (...) offre maintenant cette possibilité", a-t-il déclaré sur France Inter.

Aides "se félicite de la prise de position de la Haute autorité de santé". Dans un communiqué, l'association demande également "une évolution du cadre législatif pour favoriser la mise en place de projets de dépistage communautaire les mieux adaptés aux besoins et aux pratiques des personnes".

Dans un communiqué, le Conseil national du Sida (CNS) s'est, lui, "félicité" de la publication du rapport de la HAS, estimant que ces "préconisations doivent (...) être mises en oeuvre par les pouvoirs publics dans les meilleurs délais".

Pour Act Up-Paris, il s'agit d'"une mesure qui aurait dû être mise en place il y a au moins trois ans!". Dans un communiqué, l'association estime aussi que "le nécessaire renforcement du dépistage ne saurait à lui seul remplacer une réelle politique de prévention". Et d'appeler le ministère de la Santé à mettre "réellement en oeuvre une politique de dépistage et de prévention adaptée aux urgences de l'épidémie en France". AP

ir-jp/div/cr




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