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actu & culture


CHARLEVILLE-MEZIERES - mercredi 14 mai 2008 à 19h36

Les époux Fourniret se déchirent au sujet du meurtre de Farida Hamiche


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Les époux Fourniret se sont affrontés mercredi après-midi devant la cour d'assises des Ardennes lors de l'évocation du meurtre de Farida Hamiche, disparue le 12 avril 1988 en région parisienne. L'Ardennais a notamment insinué que son épouse Monique avait participé au meurtre de cette femme de 30 ans près de Clairefontaine (Yvelines) dans la soirée du 13 ou du 14 avril.

Interrogé sur les circonstances de cet homicide, destiné au vol d'une partie du butin du "gang des postiches", le tueur en série présumé, qui est jugé pour sept meurtres de jeunes femmes, a déclaré qu'il avait étranglé sa victime dont le corps n'a jamais été retrouvé. Selon son récit, Monique Olivier aurait utilisé une baïonnette pour tuer l'épouse du truand Jean-Pierre Hellegouarch.

Reconnaissant être sur les lieux du crime, cette dernière a cependant contesté cette accusation surprise. "Je n'ai jamais eu cette baïonnette en main", a-t-elle répondu. Selon elle, son époux aurait étranglé seul l'épouse du truand afin de récupérer une partie importante du butin du "gang des postiches" longtemps caché dans un cimetière de Fontenay-en-Parisis (Val d'Oise). "Il est en colère contre moi car je l'ai dénoncé, il se venge", a lâché Monique. "Je m'y attendais".

"Michel Fourniret, vous livrez une version des faits totalement différente de celle que vous avez faite en 2005", a remarqué Me Alain Behr, l'avocat de la famille Laville. "Maintenant, il y a deux versions différentes. L'un de vous deux ment". Les deux époux sont restés chacun sur leurs positions. Selon Jean-Pierre Hellegouarch, l'Ardennais "affabule". "C'est une canaille à tous points de vue", a-t-il ajouté.

Le couple s'est ensuite déchiré au sujet de l'argent que Michel Fourniret aurait touché pour déterrer les pièces d'or et les lingots en compagnie de Farida Hamiche. L'ancien ouvrier assure qu'il n'a pas touché la commission promise par Jean-Pierre Hellegouarch. Sa femme affirme le contraire. "C'est encore un mensonge flagrant!", s'est tout d'un coup emporté Michel Fourniret en hurlant. "Arrête de raconter des conneries, connasse!" a-t-il ajouté l'air menaçant.

Un peu plus tôt, un commissaire de police de la PJ de Versailles a expliqué à la cour comment Michel Fourniret avait été amené en octobre 2006 dans les Yvelines pendant une journée et demi pour retrouver le cadavre de Farida Hamiche. Ces recherches se sont avérées infructueuses. "J'ai été pris par surprise, je n'étais pas préparé à ces recherches", s'est justifié l'accusé. "J'aurais dû faire un travail de mémoire, j'aurais dû me préparer".

Fourniret a regretté qu'un hélicoptère n'ait pas été employé pour chercher le corps de Farida Hamiche. En juin 2006, de grands moyens avaient été déployés pour retrouver le cadavre d'Isabelle Laville, 17 ans, la première victime présumée du couple. Les nombreuses indications données par son assassin présumé, qui avait été dûment préparé à cette opération, n'avaient pourtant pas permis de le localiser. "Si je savais où est le cadavre de Farida Hamiche, je le dirais", a lâché Monique Olivier. Son mari s'est dit mercredi après-midi "décidé" à tenter de retrouver les restes de la disparue.

"J'ai la plus grande admiration pour l'intelligence et la personnalité de Jean-Pierre Hellegouarch", avait déclaré Fourniret au début de l'audience. "J'ai trahi sa confiance". Selon lui, l'ancien truand et sa femme se seraient mal comportés à l'égard d'un ancien co-détenu. "Ca a compté pour beaucoup mais à 90% c'est de la crapulerie", a précisé l'Ardennais. "Je suis un être mauvais, méchant".

A la fin de l'audience, Me Pierre Blocquaux, l'un des avocats de Michel Fourniret, a fait remarquer que la cour avait passé l'après-midi à examiner un meurtre pour laquelle elle n'est pas saisie. Pour l'instant prescrite, cette affaire fait l'objet d'une enquête préliminaire au parquet de Versailles. Me Didier Seban a conseillé à Haïcha Hamiche, l'une des soeurs de la disparue, de porter plainte avec constitution de partie civile afin de pouvoir éventuellement juger les Fourniret lors d'un procès ultérieur. AP

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