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L'ancien soigneur Bernard Sainz, jugé pour un trafic présumé de produits dopants dans le milieu cycliste remontant aux années 1998 et 1999, a réaffirmé mercredi qu'il n'avait jamais prescrit de "substances dopantes ou vénéneuses" à des coureurs.
L'ancien soigneur est soupçonné d'avoir administré des produits dopants, comme la testostérone, le célestène et la caféine, à des cyclistes professionnels et se voit également reprocher un exercice illégal de la médecine.
Dès l'ouverture de l'audience, la présidente de la 31e chambre, Marie-Christine Plantin, a jugé "malencontreux" que Bernard Sainz lui ait adressé, ainsi qu'au procureur, son ouvrage dédicacé, "Les stupéfiantes révélations du Dr Mabuse" (Ed. J.-C. Lattès), allant jusqu'à utiliser leurs prénoms.
A ses côtés, l'avocat Bertrand Lavelot comparaît pour complicité, à la fois dans le volet dopage et dans le volet médical. Ce spécialiste du droit des affaires a défendu de nombreux coureurs, notamment de Richard Virenque, devant les instances fédérales.
L'affaire Sainz-Lavelot avait débuté au cours de l'été 1998, au plus fort du scandale Festina, avec l'ouverture d'une information judiciaire par le parquet de Paris pour infractions à "la loi sur les substances vénéneuses" et à "la loi relative à la prévention et à la répression des produits dopantes".
La Fédération française de cyclisme (FFC) et l'Ordre des médecins se sont constitués partie civile au procès.
Dans le cadre de cette enquête, des écoutes téléphoniques avaient fait apparaître que Bernard Sainz conseillait régulièrement des sportifs sur leurs préparations physiques et leur prescrivait des traitement contre certaines maladies. L'un d'entre eux, Pascal Peyramaure, racontera que le soigneur avait guéri son épouse d'une stérilité, leur permettant d'avoir deux enfants.
"Je m'attribue une certaine compétence" médicale, a raconté à la barre Bernard Sainz, 64 ans, affirmant qu'il avait obtenu en 1969 un diplôme d'homéopathie et d'acupuncture.
Mis en examen en mai 1999, l'ancien soigneur, qui a fait valoir ses droits à la retraite, a toujours nié avoir commis les infractions qui lui sont reprochées. Pendant l'enquête, il a affirmé que les gouttes qu'il prescrivait aux sportifs étaient exclusivement d'origine homéopathique. "En aucun cas, il ne s'agit d'une substance dopante ou vénéneuse", a-t-il répété mercredi. "Ces gouttes ne peuvent pas être liées à un délit quelconque".
Les produits saisis en 1999 à son domicile n'ont pas permis d'apporter de preuve formelle aux déclarations des coureurs qui constituent la principale base de l'accusation. L'un d'entre eux, le Belge Frank Vandenbroucke, a notamment affirmé que les gouttes du soigneur servaient "soit à doper, soit à masquer le dopage".
Certains cyclistes ont également fait part aux enquêteurs de l'utilisation de codes pour désigner les produits, notamment "cotes" pour testostérone ou "bleu de méthylène" pour le célestène, un corticoïde. Là encore, Bernard Sainz a démenti avoir "jamais utilisé de code pour une quelconque substance". "Comment peut-on imaginer que je recommandais ces substances?", s'est étonné le sexagénaire.
Interrogé sur le rôle de Bertrand Lavelot, il a dédouané son ami avocat, qui mettait à sa disposition un bureau dans son cabinet. "En aucun cas, il ne peut être lié à une quelconque complicité". AP
ir/cov/pas/mw
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