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L'association Reporters sans frontières (RSF) s'est inquiétée vendredi de la plainte pour "faux, usage de faux et recel", déposée par le chef de l'Etat contre le site du "Nouvel Observateur" qui a publié un article lui attribuant un SMS qu'il aurait adressé à son ex-épouse avant son remariage avec Carla Bruni.
"Le chef de l'Etat poursuit sur la base du code pénal, alors qu'il aurait très bien pu engager des poursuites civiles pour atteinte à la vie privée", indique RSF dans un communiqué.
Me Richard Malka, avocat entre autre de "Charlie Hebdo" et spécialisé dans le droit de la presse, a qualifié vendredi cette procédure de "gravissime". "La signification de cette démarche est extrêmement grave. Il n'y a que dans les sociétés dictatoriales que l'on applique les délits de droit commun aux journalistes", a-t-il dit à l'Associated Press.
De son côté, Me Emmanuel Pierrat, également spécialisé dans le contentieux de la presse, considère que cette plainte est "à la fois inattendue et extrêmement bien calculée". Déporter, selon lui, le débat sur le "terrain du faux est fait pour éviter l'effet boomerang d'une procédure pour atteinte à le vie privée qui aurait nécessité un débat public".
Interrogé vendredi sur RTL, Me Thierry Herzog, l'avocat de Nicolas Sarkozy, a souligné qu'une procédure pour "atteinte à la vie privée signifiait d'abord implicitement que c'était vrai, ce qui explique que je n'ai pas choisi cette procédure car, bien évidemment, le président Sarkozy affirme, par mon intermédiaire, que cette affirmation est un faux grossier". Il a dit attendre "avec beaucoup de sérénité et d'impatience" que l'auteur de l'article "fournisse les preuves incontestables de ce SMS".
Cette plainte, selon Me Malka, "vise à terroriser les journalistes" pour que s'arrêtent les atteintes à l'intimité de la vie privée du chef de l'Etat. "Mais qui a allumé la mèche?", lance-t-il avant de regretter que "le président ait recours à ce type de procédé pour une histoire de vie privée. Il n'y a plus de dignité".
"Si on attribue à quelqu'un un document qui n'est pas de lui, c'est un faux", a expliqué à l'AP Christian Charrière-Bournazel, actuel bâtonnier de l'ordre des avocats de Paris, estimant qu'il est nécessaire de faire la différence entre un délit d'opinion et un faux qui serait utilisé par voie de presse.
Le parquet pourrait ouvrir la semaine prochaine une enquête préliminaire à la suite de cette plainte. AP
pas/mw
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