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La cour d'appel de Paris a ordonné vendredi le placement en détention provisoire du trader Jérôme Kerviel, accusé par la Société générale d'être à l'origine d'un trou de plus de 4,8 milliards d'euros. La chambre de l'instruction de la cour d'appel semble avoir suivi les arguments du parquet général qui réclamait cette mesure afin de "préserver la sécurité des investigations à venir".
"Je ne m'explique pas cette décision. C'est le pot de terre contre le pot de fer", a réagit Me Elisabeth Meyer, son avocate.
On précisait de source judiciaire que la chambre de l'instruction a estimé que les nombreuses investigations techniques à venir, de possibles concertations avec d'éventuels complices ou co-auteurs et de possibles pressions sur les témoins nécessitaient le placement en détention de M. Kerviel.
Me Raphaël Colas, collaborateur de Me Meyer, a indiqué à l'AP qu'un pourvoi en cassation sera déposé lundi, car cette décision "est en opposition frontale avec toutes les décisions des juges d'instruction" Renaud van Ruymbeke et Françoise Desset. Ces derniers avaient en effet laissé en liberté Jérôme Kerviel à l'issue de sa mise en examen le 28 juin notamment pour "abus de confiance" et "faux et usage de faux". Le parquet de Paris, qui demandait son incarcération provisoire, avait fait appel.
Jeudi, les juges d'instruction ont par ailleurs fait placer en garde à vue un employé d'une filiale de courtage détenue à 50% par la Société générale. Une garde à vue prolongée vendredi par les juges d'instruction. Cet homme pourrait être déféré samedi devant eux.
Ce courtier travaille pour une filiale de la Société générale, la Fimat, qui a fusionné ces derniers mois avec une filiale de Calyon, la banque d'investissement du Crédit agricole. La nouvelle entité s'appelle Newedge.
Selon des pièces et documents transmis à la justice par la SG, ce courtier aurait adressé à Jérôme Kerviel, le 30 novembre 2007, un message sur le réseau interne de la banque, disant: "Tu n'as rien fait d'illégal au sens de la loi". L'enquête devra déterminer si l'auteur de ce message était informé des importants engagements financiers de M. Kerviel et si ce message s'y rapportait.
Interrogé à l'issue de l'audience, Me Jean Veil, avocat de la Société générale, a déclaré que M. Kerviel avait "menti en affirmant que sa hiérarchie la plus proche était au courant" avant d'assurer qu'il ne savait pas s'il avait agi seul. Jérôme Kerviel a été entendu lundi près de huit heures par les juges d'instruction. AP
pas/mw
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