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actu & culture


PARIS - mercredi 23 janvier 2008 à 19h09

Caricatures: l'avocat général demande la confirmation du jugement



L'avocat général de la cour d'appel de Paris a demandé mercredi la confirmation du jugement relaxant Philippe Val et "Charlie Hebdo" poursuivis pour "injure envers un groupe de personnes en raison de sa religion" à la suite de la publication de caricatures de Mahomet en février 2006 par l'hebdomadaire satirique.

"La décision du tribunal ne mérite pas la critique", a souligné Antoine Bartoli, l'avocat général. "Tant à Paris qu'à Strasbourg, la liberté d'expression l'emporte sur tous les autres droits". L'arrêt de la 11e chambre de la cour d'appel sera mis en délibéré à l'issue des plaidoiries de la défense. Elle ne se prononcera que sur d'éventuels intérêts civils, deux parties civiles ayant fait appel, car la relaxe est devenue définitive.

En février 2006, "Charlie Hebdo" avait publié un numéro spécial sur l'Islam et les 12 caricatures du prophète, initialement publiées en septembre 2005 par le quotidien danois "Jyllands-Postens" qui avaient provoqué, quelques mois plus tard, de violentes manifestations dans le monde musulman.

Trois dessins sont poursuivis. Celui en "une", réalisé par Cabu, représente, sous le titre "Mahomet débordé par les intégristes", un prophète soupirant: "C'est dur d'être aimé par des cons". Le deuxième montre le prophète coiffé d'un turban sur lequel est inscrit le premier pilier de l'Islam ("Il n'y a qu'un seul dieu et Mahomet est son prophète") et d'où sort la mèche d'une bombe. Le troisième dessin montre Mahomet sur un nuage accueillant des terroristes en leur disant: "Arrêtez, arrêtez, nous n'avons plus de vierges". Ces deux derniers avaient été initialement publiés par le quotidien danois.

Concernant celui représentant le prophète avec une bombe dans le turban, Philippe Val a estimé que ce n'était "pas une caricature contre les musulmans mais contre ceux qui se réclament de l'Islam pour perpétrer des meurtres de masse".

Sur la blessure qu'auraient pu ressentir les musulmans à la suite de cette publication, il a répondu: "La blessure, c'est de voir que certains groupes terroristes s'approprient la parole divine, c'est ça l'humiliation pour eux".

Pour l'avocat de l'Union des organisations islamiques de France (UOIF), Me Ouassini Mebarek, "représenter le prophète en association avec des actes de violence vise à présenter tous ceux qui se revendiquent musulmans comme des croyants qui adhèrent à une idéologie de la violence". Il réclame 30.000 euros de dommages et intérêts.

L'avocat général a rappelé que la décision de première instance promouvait la liberté d'expression même si certaines caricatures pouvaient heurter les croyance.

Les juges du tribunal avaient estimé que les deux premières caricatures visaient les intégristes et non les musulmans. Quant au dessin du turban, "choquant, voire blessant (...) pour la sensibilité des musulmans", il avait jugé devoir le replacer dans le contexte du numéro spécial de "Charlie-Hebdo".

En début d'audience, la cour d'appel a débouté l'une des parties civiles, la Ligue islamique mondiale, estimant qu'elle ne pouvait se constituer dans cette procédure. AP

pas/mw




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