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actu & culture


PARIS - mardi 22 janvier 2008 à 17h52

Les caricatures de Mahomet devant la cour d'appel de Paris



Relaxé en mars 2007 par le tribunal correctionnel de Paris, Philippe Val et "Charlie Hebdo" comparaissent mercredi devant la cour d'appel de Paris pour "injure envers un groupe de personnes en raison de sa religion" à la suite de la publication de caricatures de Mahomet en février 2006 par l'hebdomadaire satirique.

L'audience devant la 11e chambre de la cour d'appel débute à 13h30.

L'Union des organisations islamiques de France (UOIF), l'une des composante du Conseil français du culte musulman (CFCM), et la Ligue islamique mondiale, deux des trois parties civiles, déboutées en première instance, ont fait appel sur les intérêts civils, la relaxe pénale étant en revanche devenue définitive.

Me Richard Malka, l'un des avocats de l'hebdomadaire satirique et de Philippe Val, entend demander 10.000 euros pour procédure abusive à ces deux associations, "pas franchement représentatives de l'Islam de France".

En février 2006, "Charlie Hebdo" publiait un numéro spécial sur l'Islam et les 12 caricatures du prophète, initialement publiées en septembre 2005 par le quotidien danois "Jyllands-Postens" qui provoqueront quelques mois plus tard des protestations violentes dans le monde musulman. Seuls trois dessins sont poursuivis.

Celui en "une", réalisé par Cabu, représente, sous le titre "Mahomet débordé par les intégristes", un prophète soupirant: "C'est dur d'être aimé par des cons". Le deuxième montre le prophète coiffé d'un turban sur lequel est inscrit le premier pilier de l'Islam ("Il n'y a qu'un seul dieu et Mahomet est son prophète") et d'où sort la mèche d'une bombe. Le troisième dessin montre Mahomet sur un nuage accueillant des terroristes en leur disant: "Arrêtez, arrêtez, nous n'avons plus de vierges". Ces deux derniers avaient été initialement publiés par le quotidien danois.

En première instance, le tribunal avait estimé que le premier dessin ne visait "que les intégristes" et non "l'ensemble des musulmans". Idem pour celui du prophète accueillant les candidats au martyre, le tribunal estimant que cette caricature, si elle "évoque clairement les attentats-suicides par certains musulmans", n'assimile "pas Islam et commissions d'actes de terrorisme".

Quant au dernier dessin, "choquant, voire blessant (...) pour la sensibilité des musulmans", le tribunal avait estimé devoir le replacer dans le contexte du numéro spécial de "Charlie-Hebdo". Cette caricature participait au débat "d'intérêt général né au sujet des dérives des musulmans qui commettent des agissements criminels en se revendiquant de cette religion". AP

pas/mw




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