Accès aux services
Login :  
Mot de passe :  
Mot de passe oublié ?

Inscrivez-vous GRATUITEMENT


actu & culture


BANGKOK - lundi 30 avril 2007 à 19h09

Le GIEC examine les moyens de tempérer le réchauffement


Agrandir l'image

GIEC, acte III. Le Groupe d'experts intergouvernemental sur le climat s'est retrouvé lundi à Bangkok pour mettre la dernière main à son troisième rapport depuis le début de l'année. Il s'agit cette fois d'examiner les moyens d'atténuer le réchauffement de la planète.

La troisième réunion du GIEC cette année rassemble plus de 200 délégués de 119 pays pour débattre du rapport, qui doit être publié vendredi. La tâche ne sera pas de tout repos: les Etats-Unis, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre (GES), et la Chine veulent édulcorer le texte, arguant qu'une réponse rapide pour réduire les émissions serait moins efficace et plus coûteuse que les scientifiques ne le disent, selon des documents dont l'Associated Press a eu connaissance lundi.

Les deux pays minimisent également les bénéfices potentiels d'une réduction des émissions et critiquent la conclusion selon laquelle une action rapide pourrait stabiliser les émissions de GES et ainsi limiter la hausse des températures à deux degrés Celsius.

Cet argumentaire donne un avant-goût des âpres débats qui attendent les délégués. Selon le rapport du Groupe de travail III du GIEC, les émissions pourraient être diminuées en construisant des bâtiments plus économes en énergie, surtout dans les pays en développement, et en abandonnant le charbon au profit du gaz naturel, du nucléaire et des énergies renouvelables comme le solaire, l'éolien et les biocarburants.

Autres solutions envisagées: rendre les moteurs des véhicules plus économes, réduire la déforestation, planter des arbres pour constituer des "pièges" à carbone et même capturer le méthane émis par les animaux d'élevage et le fumier.

Dans deux rapports publiés début février et avril, le GIEC a dépeint un tableau inquiétant, avec des températures qui pourraient gagner jusqu'à 6,4 degrés Celsius à l'horizon 2100. Une hausse de "seulement" deux degrés Celsius pourrait entraîner des pénuries d'eau pour jusqu'à deux milliards de personnes d'ici 2050 et menacer d'extinction 20% à 30% des espèces dans le monde.

Selon les estimations du GIEC, entre 140 millions et un milliard de personnes supplémentaires pourraient souffrir de la faim dans le monde à cause du changement climatique. Des maladies comme le paludisme, les diarrhées et la dengue pourraient aussi se propager.

Le rapport discuté cette semaine dans la capitale thaïlandaise souligne que le monde doit rapidement faire le choix de technologies, certaines disponibles, d'autres en cours de développement, pour limiter la hausse à deux degrés.

Mais l'administration Bush, déjà hostile au protocole de Kyoto, ne semble pas pressée d'agir, ce qui ne devrait pas manquer d'irriter les petits Etats insulaires et d'autres pays en développement qui sentent déjà les effets du réchauffement. Washington réclame l'ajout de clauses dans le rapport affirmant que le coût des technologies actuelles pour réduire les émissions "pourrait être trop élevé pour être acceptable" et plaidant pour des "technologies avancées", dont beaucoup visent à prolonger l'utilisation du charbon.

Les Etats-Unis et la Chine critiquent également l'évaluation du rapport selon laquelle stabiliser les émissions pour limiter la hausse à deux degrés coûterait moins de trois points de produit intérieur brut (PIB) mondial sur une période de vingt ans.

L'administration Bush affirme également que passer du charbon au gaz naturel serait "néfaste pour la sécurité énergétique" américaine, met en doute l'intérêt des voitures à faible consommation de carburant et conteste les avantages économiques potentiels liés à la lutte contre les émissions, comme la création d'emplois.

La Chine s'est jointe aux Etats-Unis pour tenter de gommer des passages soulignant l'existence d'un potentiel "important" pour lutter contre le réchauffement. Pékin veut également que les pays produisant le plus de GES par habitant fassent davantage d'efforts.

Rajendra Pachauri, président du GIEC, n'a pas commenté la position américaine, mais a souligné que "chaque pays" aura l'occasion d'exprimer ses vues et qu'une "évaluation scientifique équilibrée prévaudra". AP

lma/v291/st




Rechercher #iFrance#