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actu & culture


PARIS - lundi 12 fevrier 2007 à 14h41

Explosion des vols de métaux en France



Les vols de métaux divers, cuivre, zinc, acier, bronze, ont explosé en France, progressant de 144% entre 2005 et 2006, selon les chiffres fournis lundi par la gendarmerie. Deux mille personnes ont été interpellées l'an passé et 27 recycleurs ont été mis en cause.

"Tout se vole et tous se vend", a résumé le colonel Philippe Schneider, chef de l'Office central de la lutte contre la délinquance itinérante (Ocldi) lors d'un point de presse. "Cela va des portes et des ailes d'Airbus, aux plaques d'égout, aux planchers de cabines téléphoniques et même jusqu'aux pinces à épiler dont un stock de 300 kilos a disparu l'année dernière".

Le colonel Schneider a aussi rappelé qu'un monument de bronze dédié aux rescapés du génocide arménien avait été volé à Chaville en octobre 2006, sans doute par des voleurs qui n'avaient aucune motivation politique.

Les entreprises du secteur métallurgique sont les premières touchées, devant les chantiers de particuliers et les domaines de l'Etat.

L'année dernière, 10.000 plaintes ont ainsi été déposées. Si la majorité des infractions sont des vols simples, donc moins risqués sur un plan pénal, certains peuvent être commis par des individus armés et violents.

"Il suffit parfois aux voyous de rentrer dans une entreprise, de charger un fourgon puis de repartir sans qu'il y ait eu la moindre effraction", a expliqué le chef de l'Ocldi. "En revanche, dans le Nord, les chauffeurs routiers qui transportent 25 tonnes de métaux sont quelquefois agressés et séquestrés le temps que la marchandise soit emmenée dans des petits utilitaires".

Selon la gendarmerie, les délinquants itinérants appartenant à la communauté des gens du voyage seraient les plus nombreux à pratiquer cette délinquance à la mode devant les personnes originaires des anciens pays de l'Est et celles employées au sein même des entreprises spoliées.

Si ce nouveau type de délinquance étonne, il peut surtout avoir de graves effets indirects. "Des entreprises ont dû fermer car elles n'ont pu fournir de stocks de métaux à leurs clients", a précisé Philippe Schneider. "Lorsque des réseaux d'approvisionnement d'eau, de gaz et d'électricité sont démontés, cela peut être aussi dangereux pour la sécurité des gens".

Quant au patrimoine, il est aussi gravement mis en péril lorsque des églises ou des monuments sont pillés.

Selon la gendarmerie, ce phénomène serait lié à l'explosion des cours des métaux qui ont fortement augmenté en 2005 et durant le début de l'année 2006. La tonne de cuivre, le métal le plus convoité, a ainsi flirté avec les 8.000 euros. Les besoins de l'économie chinoise ajoutés aux troubles sociaux des mines d'Amérique du Sud n'ont fait qu'accroître la demande de cuivre, de zinc, d'acier destinés au secteur du bâtiment.

Alerté par la recrudescence d'agressions de routiers au printemps 2005, l'Ocldi a créé une vingtaine de cellules d'enquêtes pour identifier les filières clandestines. Ce travail de police judiciaire classique a été complété par une augmentation des contrôles des "livres de police" des recycleurs de métaux.

Ainsi entre le premier semestre 2005 et 2006, les infractions constatées à l'occasion de ces vérifications ont progressé de 404%! Un travail de prévention a également été mené en direction des entreprises de ce secteur devenu sensible afin de les alerter sur la sécurisation de leurs installations.

Les parquets des tribunaux ont été également informés de l'ampleur du phénomène. Un voleur a ainsi été condamné récemment à neuf mois de prison ferme.

Enfin, l'Ocldi collabore avec les autorités des autres pays européens, également touchés, pour poursuivre les malfaiteurs. L'un d'entre eux, interpellé en Roumanie, devrait d'ailleurs être bientôt extradé vers la France pour répondre d'un vol récent de 30 tonnes de cuivre dans l'Essonne. Cette riposte semble avoir déjà eu des effets positifs puisque les vols de métaux constatés en janvier 2007 par rapport à janvier 2006 ont baissé de 33,9%. AP

veg/se/sb




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