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actu & culture


TEHERAN - mercredi 04 novembre 2009 à 16h55

Une manifestation de l'opposition violemment dispersée à Téhéran


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Des affrontements ont opposé mercredi à Téhéran policiers et manifestants de l'opposition, en marge des traditionnelles cérémonies anti-américaines annuelles marquant l'anniversaire de la prise d'otages en 1979 à l'ambassade des Etats-Unis.

Selon des témoins, les forces de sécurité, principalement des unités d'élite des Gardiens de la révolution et des miliciens, ont chargé les centaines de manifestants rassemblés sur la place Haft-e-Tir, dans le centre de Téhéran, les frappant à coups de bâtons ou de poing. De nombreux protestataires portaient des foulards ou des bracelets verts, couleur symbole de l'opposition. Certains ont lancé des "Mort au dictateur" visant le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, tandis que d'autres manifestaient silencieusement, faisant le "V" de la victoire.

D'après des sites réformateurs, des coups de feu ont été tirés en l'air pour disperser les manifestants. L'agence de presse officielle IRNA a rapporté pour sa part que la police avait tiré des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants en d'autres endroits de la capitale iranienne. Ces informations n'ont pas pu être confirmées de source indépendante, en raison de l'interdiction faite à la presse étrangère de "couvrir" les manifestations de l'opposition.

D'autres témoins, toujours sous le couvert de l'anonymat par crainte de représailles, ont fait état d'un face à face entre environ 2.000 étudiants de l'Université de Téhéran et les forces de sécurité. On ignore s'il y a eu des affrontements et des victimes.

Ces manifestations, qui avaient été interdites par les autorités, constituent la plus importante démonstration de force de l'opposition depuis la mi-septembre. Le général Ali Reza Alipour, chef de la police anti-émeute de Téhéran, avait averti mardi que "tous les moyens" seraient utilisés contre les manifestants. Outre un important déploiement policier, les réseaux téléphoniques et Internet ont par ailleurs été bloqués.

A près d'un kilomètre de là, devant l'ancienne ambassade des Etats-Unis surnommée le "nid d'espions", des milliers de personnes se sont rassemblées pour les manifestations anti-américaines qui sont un des temps forts idéologiques de la république des mollahs. "Mort à l'Amérique", ont-elles scandé.

Elles commémorent un des épisodes les plus marquants de la révolution de 1979: il y a 30 ans, des étudiants extrémistes avaient investi les locaux diplomatiques pour dénoncer le refus par Washington de renvoyer le shah en Iran pour y être jugé. Cinquante-deux Américains furent gardés en otage dans l'ambassade pendant 444 jours.

De son côté, à Washington, le président américain Barack Obama a aussi souligné l'anniversaire de la prise de l'ambassade, appelant les deux pays à quitter "le chemin du soupçon, de la méfiance et de la confrontation", tout en rendant hommage au "courage" et au "sacrifice" de ces Américains "injustement retenus en otage".

La Maison Blanche a par ailleurs exprimé son inquiétude quant aux incidents de mercredi, "souhaitant vivement que la violence ne s'étende pas". La France a quant à elle "condamn(é) cette nouvelle vague de violence et de répression". "Nous saluons le courage de tous ceux qui en Iran luttent pacifiquement pour sauvegarder leurs droits fondamentaux", a déclaré le ministère des Affaires étrangères. AP

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