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L'ancien Premier ministre britannique Tony Blair espère parvenir à débloquer les négociations mondiales sur le climat avec l'idée que plus de 10 millions d'emplois peuvent être créés dans les pays développés d'ici à 2020, s'ils acceptent de réduire fortement leurs émissions de gaz à effet de serre (GES).
Blair est à la tête d'une initiative pour l'environnement, qui publie lundi un rapport sur la base de travaux d'économistes de Cambridge. Ce document montre qu'un accord mondial sur le climat pourrait accroître le PIB mondial de 0,8% de mieux à dix ans, comparé à ce que l'on obtiendrait si rien n'était fait en ce sens.
L'ex-leader travailliste est à New York pour le sommet sur l'environnement des Nations unies qui réunira une centaine de dirigeants mondiaux mardi et s'accompagnera d'une quantité d'événements cette semaine.
Les manifestations annexes visent à consolider un accord autour de l'environnement à Copenhague (Danemark), en décembre prochain, pour prolonger le protocole de Kyoto de 1997. En vertu de ce traité, qui court jusqu'en 2012, les Etats avaient convenu de réduire volontairement leurs émissions de GES.
Pour Tony Blair, c'est le moment de passer des paroles aux actes, en précisant comment les grandes économies du monde vont réduire ces émissions de gaz carbonique, de méthane et d'autres gaz à usage industriel. "Il est essentiel que nous trouvions un accord à Copenhague" dit-il. "Je pense que c'est possible, et le but de ce rapport est de montrer qu'en termes économiques, à moyen et long termes, nous avons grandement intérêt à trouver un accord global."
A court terme, Blair concède que le coût des investissements dans les énergies faiblement émettrices de GES, l'éolien, le solaire, voire le nucléaire ou les véhicules électriques, est décourageant dans le contexte actuel.
"C'est politiquement très difficile à court terme pour les gens, de prendre des mesure qui seront pénibles", estime l'ancien chef de gouvernement. "Mais à moyen et long terme, il y aura de vrais bénéfices", promet-il.
Aux Etats-Unis, il faudra beaucoup d'efforts pour convaincre le Sénat de l'utilité de brider une économie qui dégage 20% des GES de la planète, tandis que la Chine, qui en produit autant, a annoncé des engagements en faveur de l'environnement pour cette semaine. Pékin voudrait tirer 15% de son énergie de sources renouvelables en 2020.
Quant à la divergence de ses vues sur le climat avec celles de son ancien allié George W. Bush, qui a longtemps assuré que Kyoto aurait coûté cinq millions d'emplois aux Etats-Unis s'ils l'avaient ratifié, Tony Blair l'assume, mais dit ne pas avoir creusé la question.
"Tout ce que je peux dire c'est que, de notre point de vue, au Royaume-Uni, et si l'on regarde le reste de l'Europe, agir contre le changement climatique n'a pas faire perdre d'emplois. Cela a plutôt contribué à en créer." AP
xo/v453/tl
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