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actu & culture


PARIS - mardi 02 decembre 2008 à 19h10

Accord sur le prix du lait: les producteurs grincent des dents



Les syndicats d'agriculteurs ne semblaient que très modéréments satisfaits mardi de l'accord conclu la veille entre producteurs de lait et industriels agro-alimentaires, qui a défini des baisses du prix du lait pour cinq mois et mis fin à leur bras de fer.

Après plus d'un mois et demi de négociations, une baisse de 25 euros pour 1.000 litres a été décidée lundi soir pour les mois de novembre et décembre 2008, une de 45 euros pour janvier et février 2009 et de 55 euros pour mars 2009, selon les chiffres du Centre national interprofessionnel de l'économie laitière (Cniel), où siègent les trois familles du secteur (Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL, branche lait de la FNSEA), Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL), Fédération nationale de l'industrie laitière (FNIL)).

Le ministre de l'Agriculture Michel Barnier a salué "cet accord obtenu grâce au sens des responsabilités de chacun", et encouragé les professionnels du secteur à "travailler ensemble à des propositions concrètes sur les modalités de contractualisation" qui garantiraient aux agriculteurs "des volumes et des prix déterminés sur la base d'indicateurs fiables".

Ce compromis, qui met fin à plusieurs semaines de mobilisation et de blocages par les agriculteurs, notamment bretons et auvergnats, fait grincer des dents dans les rangs départementaux de la FNPL, qui l'a pourtant paraphé. "C'est un mauvais accord dont le seul avantage est qu'il permet d'éviter le pire", a commenté François Plougastel, président de la section laitière de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) du Finistère.

Sans accord, le risque existait, selon lui, de voir les industriels imposer de plus fortes baisses. Mais il ne s'agit que d'un "accord politique" qui laisse en chantier les indicateurs de marché à mettre en place pour donner les tendances du prix du lait.

Le syndicat Jeunes Agriculteurs "ne peut se satisfaire des résultats de cette négociation, mais prend acte de cet accord qui a au moins le mérite d'apporter un repère dans la turbulence actuelle", a réagi William Villeneuve, président du syndicat dans un communiqué, s'inquiétant pour les jeunes agriculteurs qui doivent faire face à la "hausse des charges", à une "dérégulation et volatilité des cours".

Mécontente, la Confédération paysanne (exclue des négociations sur le prix du lait) a rejeté quant à elle la "responsabilité" de l'accord sur la FNSEA/FNPL, fustigeant le fait que celle-ci avait décidé il y a un an, conjointement avec la FNCL et la FNIL, "d'autoriser les dépassements de quotas de 15% pour la dernière campagne, qui ont entraîné des excédents de production".

L'accord trouvé lundi à la table des négociations satisfait à l'inverse l'industriel Entremont-Alliance. "Il va stopper l'agitation sur le terrain", s'est félicité le porte-parole du groupe fromager, Alain Troalen. Il a assuré que la définition des futurs indicateurs du prix du lait devrait aller plus vite désormais.

Jusqu'en juin dernier, le prix du lait en France donnait lieu à des recommandations nationales entre producteurs et transformateurs, sur une grille de valeur de différents produits laitiers. Or cet accord a été suspendu en juin après avoir été considéré comme une entente par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), déclenchant des conflits entre producteurs et industriels. AP

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