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Raul Castro remet les pendules à l'heure. Dans un discours à l'occasion de la fête nationale samedi soir à Santiago, "berceau" de la révolution cubaine, le nouveau président prévenu ses concitoyens que des temps difficiles les attendent, étant donné la flambée des prix du pétrole et des matières premières.
Alors que les Cubains s'attendaient à l'annonce de nouveaux changements dans le système communiste de l'île, Raul Castro a centré son discours sur la situation économique, estimant qu'elle devrait retarder les aspirations à l'amélioration des conditions de vie. "Quels que soient nos grands rêves de régler tous les problèmes, nous ne pouvons pas dépenser plus que nous ne possédons", a-t-il lancé.
Raul Castro, 77 ans, qui a officiellement succédé à son frère aîné Fidel, 81 ans, en février 2008, dirige Cuba de fait depuis que le Lider Maximo lui a "provisoirement" transmis ses pouvoirs en juillet 2006 en raison de problèmes de santé.
La dernière fois que le Lider maximo a été vu en public fut d'ailleurs le 26 juillet, il y a deux ans: cinq jours plus tard, il subissait une intervention chirurgicale d'urgence, et les Cubains ne l'ont plus jamais revu.
Depuis cinq mois qu'il est aux commandes, le cadet des Castro a ouvert quelques maigres espaces de respiration pour ses concitoyens: il a pris des mesures pour l'accès à la propriété des paysans et de certains ouvriers, ou encore autorisé les téléphones portables et les taxis privés. Du coup, certains espéraient qu'il continuerait sur cette voie, et annoncerait par exemple un assouplissement des conditions de voyage à l'étranger.
Mais pour d'autres, l'espoir suscité par les premiers pas de Raul s'estompe. "Dans la rue, tout le monde parle de changement, mais nous n'avons pas eu même une seule réforme économique ou politique importante", soupire Oswaldo, 69 ans, ouvrier à la retraite. "Et pouvoir ouvertement critiquer les choses, ça aussi c'est quelque chose dont nous devons nous contenter de rêver".
Raul Castro a en revanche déclaré samedi que l'île continuerait "de prêter une attention toute particulière à la défense, quels que soient les résultats de la prochaine élection présidentielle aux Etats-Unis", qui opposera le républicain John McCain au démocrate Barack Obama en novembre.
Le Jour de la Révolution célèbre l'attaque lancée le 26 juillet 1953 par une poignée de guérilleros contre la caserne de la Moncada, à Santiago (860 km à l'est de La Havane), qui s'acheva entre bain de sang et arrestations. Mais ce fut le premier fait d'armes de la révolution qui devait finir par triompher en 1959 de la dictature de Fulgencio Batista. AP
st/v49/nc
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