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Le Premier ministre Hun Sen, au pouvoir depuis 23 ans au Cambodge, a voté dimanche dans des élections législatives que son parti devrait remporter sans peine, étant donné le contexte de regain nationaliste et de tensions avec la Thaïlande voisine.
L'homme fort du régime a déposé son bulletin en province, près de la capitale, Phnom Penh, exhibant sans mot dire devant les photographes son pouce encré de noir, preuve qu'il a accompli son devoir de citoyen.
Onze partis se trouvent en lice pour les 123 sièges de l'Assemblée nationale, mais le Parti du peuple cambodgien (PPC) de Hun Sen, déjà majoritaire dans l'assemblée sortante, est donné vainqueur devant le Parti Sam Rainsy, principale formation d'opposition. Le mandat court sur cinq ans.
Sam Rainsy a demandé l'annulation du scrutin dimanche, affirmant que quelque 200.000 électeurs de la capitale, où l'opposition est la plus forte, n'avaient pu voter faute de figurer sur les listes.
La campagne électorale a avant tout été marquée par le différend frontalier opposant le Cambodge à la Thaïlande au sujet du sanctuaire de Preah Vihear, un temple hindou du XIe siècle revendiqué par les deux pays. L'affaire, qui attise les nationalismes, a débuté le 15 juillet. Le Cambodge a accusé l'armée thaïlandaise d'intrusion, en violation de la souveraineté du pays. Les deux pays ont chacun déployé des troupes de part et d'autre et les discussions ont jusqu'ici échoué -elles doivent reprendre lundi. Resté ferme, Hun Sen, 57 ans, a probablement ainsi gagné les voix de nombreux électeurs indécis, selon des analystes politiques.
A Phnom Penh, un homme de 72 ans, Chan Sim, expliquait ainsi voter pour le PPC "parce que c'est une bonne direction et qu'elle arrive à maintenir l'unité" du pays.
Plus de 8 des 14 millions d'habitants du Cambodge étaient appelés aux urnes dimanche. Les bureaux ouverts à 7h (0000 GMT, 2h à Paris), devaient fermer à 15h (0800 GMT, 10h à Paris) et les résultats non officiels étaient attendus dans les heures suivantes, dans la semaine pour les résultats officiels.
Khmer rouge repenti, Hun Sen dirige le Cambodge depuis 1985. Cette année-là, cet ancien communiste était devenu le Premier ministre du gouvernement installé par le Vietnam après la chute du régime khmer rouge. Il est souvent accusé de corruption et d'abus des droits de l'Homme à l'étranger mais il met en avant la paix et la stabilité retrouvées après le génocide de 1,7 millions de Cambodgiens environ du temps des Khmers rouges (1975-1979), renversés par l'armée vietnamienne. L'économie du pays croît officiellement d'environ 11% depuis trois ans, même si le pays reste l'un des plus pauvres du monde. AP
st/v98
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