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Nicolas Sarkozy, président en exercice du Conseil européen, s'est rendu lundi après-midi à Dublin pour rencontrer le Premier ministre irlandais Brian Cowen et diverses personnalités afin de comprendre les raisons du "non" des électeurs au Traité de Lisbonne lors du référendum du 12 juin.
Un millier de protestataires représentant des dizaines de groupes avaient choisi d'accueillir à leur façon le chef d'Etat français, mais la police les a empêchés d'approcher de son véhicule. Parmi les manifestants, un homme déguisé en grenouille (représentant les Français "mangeurs de grenouille") était porteur du message "Le peuple dit non".
Le président français a souligné qu'il s'était rendu à Dublin pour comprendre pourquoi 53% des électeurs irlandais avaient rejeté le traité de Lisbonne. Il a échangé une poignée de mains avec Brian Cowen sur les marches du bureau du Premier ministre dans le centre de Dublin, avant un entretien.
"Nous n'avons pas la solution miracle et surtout nous ne voulons pas l'imposer. Nous voulons que le peuple irlandais se sente respecté dans son choix, mais nous voulons également tenir compte du fait qu'avec l'Italie bientôt ce sont 24 pays qui auront ratifié le traité", a expliqué Nicolas Sarkozy. Il a dit à la presse avoir perçu chez ses interlocuteurs "une passion pour l'Europe, et non pas un rejet de l'Europe". "Je suis convaincu qu'avec un peu de temps, nous trouverons la solution", a-t-il poursuivi, précisant que M. Cowen se rendrait à Paris en septembre et présenterait au Conseil européen un rapport sur la situation en octobre.
Selon un communiqué diffusé par l'Elysée, Brian Cowen "a indiqué que le gouvernement irlandais se donnait pour but de mieux comprendre les préoccupations qui avaient influé sur l'issue de ce référendum, étape indispensable avant de décider comment y apporter la meilleure réponse".
Le Premier ministre irlandais a ajouté que des "consultations approfondies" auraient lieu, tant sur le plan interne qu'avec les partenaires de l'UE dans la perspective de la réunion du Conseil européen" en octobre.
D'après l'Elysée, Nicolas Sarkozy "a confirmé qu'il respectait le résultat du référendum irlandais mais s'est félicité de constater que le processus de ratification se poursuivait dans les autres Etats membres et a exprimé son attachement au traité de Lisbonne". Les deux hommes "se sont engagés à agir en étroite concertation afin de trouver le moyen de faire progresser l'Union".
Selon l'Elysée, Nicolas Sarkozy devait ensuite rencontrer à huis clos les chefs de plusieurs formations politiques, puis des personnalités irlandaises à la Résidence de France à Dublin, afin de mieux comprendre les raisons du vote du 12 juin, avant une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre irlandais.
"Brian Cowen doit appeler à une nouvelle phase de négociations et à un nouveau traité", a déclaré le leader du Sinn Féin Gerry Adams, l'une des personnalités qui devaient rencontrer le président français.
La semaine dernière, des propos attribués à Nicolas Sarkozy qui aurait estimé devant les députés à l'Elysée que l'Irlande devrait revoter, avaient été fraîchement accueillis dans le pays. Le chef du Parti travailliste (opposition) Eamon Gilmore avait même estimé que M. Sarkozy avait "sérieusement mis les pieds dans le plat".
Le président français, dans un entretien publié samedi par le quotidien "Irish Times", s'est dit convaincu que les électeurs irlandais "n'ont pas simplement voulu garder le traité de Nice". Il pense qu'ils ont "plutôt voulu faire part de leurs inquiétudes et de leurs critiques sur la manière dont l'Europe fonctionne".
Les électeurs irlandais étaient les seuls à se prononcer directement sur le traité de Lisbonne, version simplifiée du projet de constitution européenne rejeté en 2005 par référendum en France et au Pays Bas. Fruit de laborieuses négociations pour surmonter ce "non", le traité simplifié était destiné à permettre le bon fonctionnement de l'Europe élargie, instaurait notamment un président du Conseil européen, un super-chef de la diplomatie européenne et reprenait le système de la double-majorité pour les votes au sein du conseil. AP
cr/div/ll/st/v
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