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actu & culture


PARIS - jeudi 19 juin 2008 à 14h11

CNRS: les chercheurs mobilisés contre le "démantèlement"



Plusieurs centaines de chercheurs ont manifesté jeudi dans les villes comptant des délégations régionales du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) pour dénoncer le projet de réforme "Horizon 2020" qualifié de "démantèlement" par les syndicats. A Paris, le conseil d'administration qui devait avaliser ce projet a été reporté suite à l'occupation du siège de l'organisme par un millier de manifestants.

Face à ce report, la présidente du CNRS, Catherine Bréchignac, a déclaré que le texte passera "une fois qu'on aura une majorité" et "que cela bougera avant l'été".

Les syndicats du CNRS, qui dénoncent le plan gouvernemental visant à un découpage de l'organisme public en instituts, avaient appelé à bloquer le conseil d'administration et à occuper les délégations régionales du CNRS ce jeudi.

Après le report du conseil d'administration, 1.600 chercheurs selon la police, 3.000 selon les syndicats, ont défilé en fin de matinée entre le siège du CNRS et le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, à Paris.

"Nous considérons qu'aujourd'hui", le projet de réforme "ne permet pas d'assurer la nécessaire indépendance, par rapport au pouvoir politique, des recherches et des personnels de la recherche, ni de garantir l'unité et l'existence même de notre organisme", ont déclaré les élus syndicaux devant les membres du conseil d'administration, juste avant son report.

Par ailleurs, ce projet n'a pas obtenu l'approbation du conseil scientifique du CNRS par deux fois et l'ensemble des représentants des personnels au CTP (Comité technique paritaire) l'ont rejeté le 18 juin, ont-ils observé.

Pour les syndicats, "une délibération du conseil d'administration dans de telles conditions ne peut légitimer ni crédibiliser le plan stratégique aux yeux de la communauté scientifique". Ils demandent donc "des négociations avec le ministère puisque c'est lui qui pilote directement le plan stratégique du CNRS, avant que celui-ci ne soit remis à l'ordre du jour d'un prochain conseil d'administration".

Une demande de négociation a également été transmise par courrier à la présidente du CNRS. Mme Bréchignac a défendu le projet gouvernemental jeudi matin, estimant que "c'est un outil qui est beaucoup plus adapté à la recherche moderne, qui va nous permettre une plus grande visibilité une répartition différentes des moyens de la recherche. Ce n'est pas du tout pour le démanteler au contraire", a-t-elle dit.

Elle a néanmoins assuré sur France Inter qu'il "y a toujours un plan B dans la concertation". "D'ailleurs", selon elle, "dans le plan stratégique, on a beaucoup tenu compte de ce que les chercheurs avaient demandé, donc on évaluera encore dans ce sens". "Une fois qu'on aura une majorité, on fera passer les textes. Je veux que cela bouge et cela bougera avant l'été", a-t-elle prévenu.

Le Parti socialiste a apporté son soutien au mouvement des chercheurs. "Les errements de la réforme de la recherche, après ceux de l'autonomisation des universités, traduisent surtout une absence inquiétante de projet d'ensemble pour le rôle et la structure de l'enseignement supérieur et de la recherche en France", a déclaré le porte-parole du PS, Julien Dray, dans un communiqué. AP

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