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actu & culture


HARARE - vendredi 13 juin 2008 à 20h29

Zimbabwe: Tsvangirai une nouvelle fois libéré


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Les tensions restent vives au Zimbabwe à l'approche du deuxième tour de l'élection présidentielle le 27 juin. L'opposant Morgan Tsvangirai, adversaire du président sortant Robert Mugabe, a été libéré dans la nuit de jeudi à vendredi après avoir été arrêté pour la troisième fois depuis son retour au pays le 24 mai.

M. Tsvangirai a été interpellé à deux reprises au cours de la journée de jeudi alors qu'il faisait campagne pour le second tour. Intercepté à un barrage routier dans le sud du pays, il a d'abord été détenu pendant deux heures, puis relâché, avant d'être à nouveau appréhendé dans la soirée, puis libéré tard dans la nuit, a annoncé vendredi son parti, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC).

Morgan Tsvangirai avait revendiqué la victoire dès le premier tour le 29 mars, avec 50,3% des suffrages, accusant Robert Mugabe aux commandes depuis l'indépendance du pays en 1980 de recourir à la violence et l'intimidation pour s'accrocher au pouvoir. Selon les résultats finalement communiqués le 2 mai par la commission électorale, Morgan Tsvangirai a obtenu 47,9% des voix au premier tour, contre 43,2% à Robert Mugabe.

Le parti présidentiel, la ZANU-PF (Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique), a par ailleurs perdu les élections législatives pour la première fois depuis l'indépendance.

Plus tôt jeudi, c'était le secrétaire général du MDC, Tendai Biti, qui était arrêté à l'aéroport de la capitale, Harare, alors qu'il revenait d'Afrique du sud. Selon la police, il fera l'objet de poursuites pour "trahison", chef d'accusation passible de la peine de mort. Il comparaîtra samedi, a affirmé un avocat du MDC.

Par ailleurs, Robert Mugabe s'est déclaré vendredi "même prêt à se joindre à la bataille", sans toutefois donner plus de détails.

Dans un communiqué, le ministère français des Affaires étrangères s'est dit vendredi soir "vivement préoccupés par les entraves incessantes" dont fait l'objet Morgan Tsvangirai. Le Quai d'Orsay a également estimé que Tendai Biti devait "être immédiatement libéré et participer librement à la campagne électorale", et demandé "aux autorités zimbabwéennes de restaurer, sans délai, les conditions d'un processus électoral libre et transparent".

L'ambassadeur américain au Zimbabwe, James McGee, a souligné que l'administration Bush était "très, très inquiète" de l'arrestation de M. Biti. La Communauté de développement sud-africaine prévoyant de dépêcher 400 observateurs sur place pour le scrutin du 27 juin, il a demandé que ce chiffre soit triplé ou quadruplé.

A Londres, le Premier ministre britannique Gordon Brown a appelé à l'arrêt de la violence et de l'oppression au Zimbabwe avant l'élection présidentielle. M. Brown a ajouté que les livraisons d'aide alimentaire devraient reprendre immédiatement, et que davantage d'observateurs devaient pouvoir venir surveiller le scrutin. Son invité le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a souhaité que le second tour soit transparent et régulier.

L'ambassadeur James McGee a par ailleurs affirmé que les autorités zimbabwéennes avaient saisi la semaine dernière 20 tonnes d'aide alimentaire américaine destinée aux enfants les plus pauvres et les avaient distribuées à des partisans de Robert Mugabe lors d'une réunion électorale.

La porte-parole de la Maison Blanche Dana Perino, en déplacement en Europe avec le président Bush, a déclaré pour sa part que le Conseil de sécurité de l'ONU devait rapidement s'occuper de la crise au Zimbabwe "pour empêcher une nouvelle détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire dans la région".

Mais le Conseil de sécurité est divisé sur la manière d'agir et d'avoir un débat ouvert sur le sujet, a confié l'ambassadeur américain Zalmay Khalilzad, qui occupe ce mois-ci la présidence tournante de l'instance. Avec l'aval de M. Mugabe, Ban Ki-moon va envoyer au Zimbabwe Haile Menkerios, diplomate et ancien ambassadeur érythréen, du 16 au 20 juin, pour discuter de la situation politique et des élections à venir. AP

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