Rechercher iFrance
Accès aux services
Login :  
Mot de passe :  
OpenID :
Mot de passe oublié ? Inscrivez-vous ici


actu & culture


RANGOON, Birmanie - vendredi 30 mai 2008 à 15h25

Cyclone en Birmanie: l'UNICEF accuse la junte d'évacuer de force les camps de réfugiés



Les Nations unies ont accusé vendredi la junte birmane de forcer les victimes du cyclone Nargis à quitter les camps de réfugiés et de s'en "débarrasser" près de leurs villages dévastés, sans presque rien pour manger. Des organisations humanitaires ont de leur côté affirmé que le régime empêchait toujours la progression de l'aide internationale.

Huit camps établis par le gouvernement dans la ville de Bogale pour les sans-abri du delta de l'Irrawaddy, région méridionale la plus touchée par le cyclone du 3 mai, sont désormais "complètement vides", a déclaré le responsable de l'UNICEF Teh Tai Ring lors d'une réunion entre organisations humanitaires.

"Le gouvernement déplace les gens sans prévenir", a-t-il affirmé, ajoutant que les autorités se "débarrassent des gens à l'endroit approximatif des villages, plus ou moins sans rien". D'autres camps étaient également en train d'être vidés à Labutta, une autre ville du delta. Et plus de 400 victimes du cyclone originaires de cette localité ont été expulsés d'une église de Rangoon vendredi matin sur ordre des autorités.

La concentration des victimes dans ces camps facilitait le travail des organisations, selon lesquelles la dévastation est telle dans le delta qu'il serait difficile pour les habitants de retourner dans leurs villages. Les maisons y sont détruites, le bétail est mort, les réserves de nourriture sont quasi-épuisés et on n'y trouve pas de médicaments.

Selon Teh Tai Ring, de l'UNICEF, certaines victimes du cyclone déposées près de leur village ont été munies de rations de nourriture, tandis que d'autres, ayant perdu leur carte d'identité, n'y avaient pas droit.

Terje Skavdal, chef du Bureau de la Coordination des affaires humanitaires des Nations unies à Bangkok, a déclaré ne pas pouvoir confirmer la fermeture de ces camps, mais a estimé qu'elle serait, le cas échéant, "complètement inacceptable".

Pendant ce temps, les travailleurs humanitaires attendaient encore le traitement de leurs demandes de visa, et les autorités birmanes mettaient 48 heures à traiter les requêtes d'entrée dans le delta de l'Irrawaddy, où environ 2,4 millions de personnes se trouvaient encore dans le besoin, selon les organisations humanitaires.

"Nous appelons à la mise en oeuvre rapide de tous les accords, sur l'accès, les visas et l'utilisation des moyens logistiques", a déclaré M. Skavdal.

Il a souligné que malgré les "signes prometteurs de ce que le gouvernement prenait globalement la bonne direction", le vrai test résidait dans la mise en oeuvre des promesses. La junte militaire s'est engagée le week-end dernier à laisser les travailleurs accéder sans obstacle aux sinistrés sur le terrain, après les avoir pour la plupart refoulés pendant les semaines qui ont suivi le cyclone.

"Le gouvernement birman use encore de sa bureaucratie pour faire obstruction à certains efforts humanitaires alors qu'il devrait accepter toute l'aide immédiatement et sans condition", s'est indigné l'organisation non gouvernementale Human Rights Watch dans un communiqué.

La Croix-Rouge attendait encore la permission d'envoyer 30 employés dans le delta, et d'autres organisations attendaient toujours leur visas. D'autre part, la junte a refusé l'accès à ses ports à des vaisseaux français et britannique qui apportaient des vivres, et qui ont dû faire route vers la Thaïlande, où ils ont remis leur cargaison à l'ONU.

La junte birmane, qui répète quant à elle que la phase humanitaire a fait place à la phase de reconstruction, a critiqué vendredi le volume de l'aide internationale. Les médias officiels ont condamné jeudi les promesses de dons de près de 100 millions d'euros, alors que la junte estime avoir besoin d'environ sept milliards d'euros.

Porte-voix du gouvernement, le quotidien "Myanma Ahlin" a assuré qu'en tout état de cause, les victimes étaient capables de se débrouiller sans l'aide internationale. Selon le bilan officiel, 78.000 personnes ont perdu la vie et 56.000 autres sont portées disparues. AP

mgh/v262-322/st/lma




Rechercher #iFrance#