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Une centaine de manifestations unitaires étaient prévues ce jeudi en France pour défendre une "retraite solidaire" et dénoncer le nouvel allongement de la durée de cotisation prévu par le gouvernement, avec dans la matinée une forte mobilisation observée dans plusieurs villes de province.
Les préavis de grève déposés, notamment dans les transports, semblaient en revanche moins faire recette, mais les syndicats comptaient surtout faire le plein dans les défilés. A la SNCF, selon la direction, le taux global de participation au mouvement social en fin de matinée était de 24,9% toutes catégories de personnel confondues et de 39% pour les seuls conducteurs.
Dans la rue, le secrétaire général de FO espère au moins 500.000 manifestants dans toute la France pour cette journée. A Paris, un cortège devait quitter la place de la Bastille à 14h30 en direction de la place Saint-Augustin.
Près de six Français sur dix (58%) soutiennent ou ont de la sympathie pour ce mouvement, selon un sondage CSA publié jeudi dans "L'Humanité".
A Marseille, quelque 8.000 personnes selon la police, 60.000 selon les organisateurs, manifestaient à la mi-journée avec, parmi les protestataires, des agents du secteur public mais également des salariés du privé notamment de l'aéronautique et de la métallurgie. A Tours, les protestataires étaient entre 3.000 et 10.000 selon les sources tandis qu'à Grenoble, le cortège comptait 15.000 personnes selon une estimation provisoire des organisateurs.
Côté grève, les perturbations dans les transports étaient limitées en matinée, sauf dans une vingtaine de villes de province.
A la RATP, la direction annonçait en milieu de matinée un trafic normal dans le métro et le RER, sauf sur la ligne B avec une rame sur trois en circulation et l'interconnexion suspendue à la gare du Nord. La circulation des bus et des tramways était par ailleurs "quasi-normale" selon la direction.
A la SNCF, selon la direction, un train sur deux en moyenne était en circulation pour les dessertes de la banlieue parisienne (Transilien) et les Trains express régionaux (TER), et deux sur trois pour les grandes lignes. Le trafic était normal pour les Thalys et les Eurostar.
Du côté d'Air France, la direction annonçait également un trafic perturbé par des "retards marginaux" à Orly jeudi matin, mais un programme de vols maintenus.
Dans les transports urbains de province, l'Union des transports publics (UTP, patronat), qui avait annoncé le dépôt de préavis de grève dans 53 villes, a indiqué que de fortes perturbations (moins de 50% du trafic assuré) étaient observées à Bourges, Clermont-Ferrand, Calais, Charleville-Mézières, Dijon, Douai, Evreux, Grenoble, Lyon, Maubeuge, Montpellier, Narbonne, Quimper, Roanne, La Roche-Sur-Yon, Saint-Nazaire, Strasbourg, et Valenciennes.
"Si nous manifestons, c'est parce que nous voulons que le gouvernement change ses propositions et ce complément de réforme", a expliqué sur RTL le secrétaire général de la CFDT François Chérèque jeudi matin. Il y a un "désaccord sur le moment de passer à 41 ans (de cotisation); on veut le différer du fait du mauvais niveau d'emploi des seniors", a-t-il ajouté, estimant que le projet du gouvernement ne "dit rien sur le problème de pénibilité au travail (...), rien sur le niveau des pensions, sur le fonds de réserve, sur les polypensionnés".
"Le gouvernement a bâclé cette réforme, il faut qu'il revienne sur tous ces sujets", a souligné M. Chérèque.
Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a assuré de son côté sur France-2 que "le gouvernement devra revoir sa copie sous la pression". Il a notamment observé que, "contrairement à ce qui a pu se passer en d'autres séquences, tous les syndicats demandent au gouvernement qu'il revoie sa copie sur les perspectives concernant les retraites". AP
god/xpan1/xboi1/mw
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