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actu & culture


PARIS - jeudi 15 mai 2008 à 19h31

Les fonctionnaires restent mobilisés


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Pas un raz-de-marée mais une mobilisation qui se maintient. Plusieurs centaines de milliers de fonctionnaires ont manifesté jeudi en France -avec en toile de fond une grève assez bien suivie notamment à l'Education- pour dénoncer les modalités de réforme de la Fonction publique et les suppressions de postes.

Le ministère de l'Intérieur a comptabilisé 200.000 manifestants dans toute la France, au travers de 142 manifestations et défilés. La CGT de son côté fait état de 450.000 manifestants en moyenne nationale.

A Paris, le cortège a rassemblé 18.000 personnes selon la police, 50.000 selon les syndicats, contre entre 17.000 et 40.000 manifestants selon les sources lors de la précédente journée d'action unitaire le 24 janvier.

La Fédération syndicale unitaire (FSU, première fédération de la Fonction publique d'Etat) a convié les autres syndicats vendredi après-midi à son siège pour décider d'éventuelles suites. La CGT, FO, et Sud-Solidaires ont d'ores et déjà confirmé leur présence à cette réunion.

Jeudi, il s'agissait de la troisième journée de mobilisation dans la Fonction publique depuis le 20 novembre dernier. La mobilisation a été moins forte que celle du mois de novembre 2007 -qui portait sur les salaires et le pouvoir d'achat- mais comparable à celle du 24 janvier.

De son côté, le gouvernement a déployé une intense opération de communication jeudi tout au long de la journée, martelant deux messages: le mouvement est faiblement suivi, selon lui, et la grève et les manifestations sont des méthodes "dépassées" qui ne "changeront rien".

Selon le ministère de la Fonction publique, le mouvement a été suivi par 15,3% des personnels des trois fonctions publiques (Etat, hôpitaux et collectivités territoriales), contre 17,1% lors du mouvement du 24 janvier dernier, alors que les syndicats parlent dans les deux cas d'au moins 50%. D'après les chiffres de Bercy, les fonctionnaires d'Etat étaient les plus mobilisés avec 24,8% de grévistes, dont 34% parmi les enseignants.

"Ce n'est pas la marée humaine qu'on nous annonçait", a réagi le ministre de la Fonction publique Eric Woerth, qui a justifié les suppressions de postes lors des questions au gouvernement au Sénat. "Il y a aujourd'hui en France trop de fonctionnaires", a-t-il répété. Pour le ministre de l'Education Xavier Darcos, "les premiers chiffres qu'on nous indique ne sont nullement en rapport avec l'annonce qu'on nous faisait de la mère de toutes les victoires, la manifestation de toutes les manifestations", a-t-il ajouté.

"Nous avons du respect pour ceux qui défilent, pour ceux qui font la grève, mais nous ne croyons pas que leur protestation résolve quoi que ce soit", a poursuivi le ministre qui, dans la matinée, avait estimé que ces manifestations et ces arrêts de travail étaient des méthodes "surannées", "dépassées", "inadaptées au problème de fond" de l'école publique.

"C'est une très forte mobilisation, avec des taux de grévistes -y compris lorsqu'on prend les chiffres du gouvernement- qui se situent dans le haut de la fourchette des mouvements de ces dernières années", a pour sa part déclaré à l'Associated Press le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri.

Et dans les rues, les cortèges ont été bien souvent plus fournis que ceux du 24 janvier. On comptabilisait ainsi jeudi entre 10.000 et 15.000 personnes à Bordeaux selon les sources, entre 7.000 et 15.000 à Grenoble, 7.500 et 15.000 à Toulouse, 6.000 et 30.000 à Marseille, 5.500 et 12.000 à Toulon, 4.000 et 6.000 à Lille, 2.500 et 5.000 à Clermont-Ferrand, ou encore 4.800 manifestants à Rennes selon la police.

A Paris, les manifestants (entre 18.000 et 50.000 selon les sources) ont défilé de la place d'Italie à celle de la République en passant par Bastille derrière une banderole sur laquelle on pouvait lire: "Ensemble pour défendre et améliorer la Fonction publique".

"Sur le service public, le débat est aujourd'hui confisqué par des technocrates ministériels au détriment des usagers", a déclaré Gérard Aschieri. "Ce que nous disons aujourd'hui au gouvernement, c'est 'prenez au sérieux ce qui se passe. Ne traitez pas par le mépris cette mobilisation'". De son côté, Jean-Claude Mailly (FO), également présent dans le défilé parisien, a prévenu qu'il attendait "des réponses et s'il n'y en a pas, il y aura d'autres manifestations". AP

god/mw




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