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actu & culture


PARIS - lundi 05 mai 2008 à 16h02

Chômage: le gouvernement prépare un durcissement des conditions d'indemnisation



Le gouvernement a remis lundi aux partenaires sociaux un projet durcissant les conditions d'indemnisation des chômeurs. Le texte prévoit notamment qu'au bout de six mois de chômage, un demandeur d'emploi ne pourra pas rejeter plus de deux offres payées 80% de son salaire précédent et situées à une heure de transport de son domicile, sous peine de voir son allocation réduite ou suspendue.

Selon le texte, dont l'Associated Press a obtenu une copie, au bout de six mois, "le demandeur d'emploi s'engagerait à ne pas refuser plus de deux offres d'emploi (...) compatibles avec ses qualifications (...) rémunéré à 80% du salaire antérieur".

L'emploi proposé devra être "situé à une distance telle qu'elle n'entraîne pas un trajet d'une distance de plus de 30km ou un temps de transport en commun supérieur à une heure entre le domicile et le lieu de travail".

Les syndicats dans leur ensemble ont fait part dès lundi de leur hostilité à un tel projet. Certains soulignent qu'une heure de trajet entre le domicile et le travail signifie en fait "deux heures de transport par jour".

Ce texte qui entend définir une "offre raisonnable d'emploi", doit être discuté entre la ministre de l'Economie Christine Lagarde et les partenaires sociaux lors d'une réunion tripartite mardi à Bercy.

Toujours selon ce document, au bout d'un an de chômage, un demandeur d'emploi ne pourra pas refuser plus de deux propositions d'emploi dont le salaire sera supérieur au montant de l'indemnisation qu'il touche et "répondant aux mêmes conditions en termes de qualification et d'éloignement" que la mesure définie au bout de six mois.

Les demandeurs d'emploi qui ne se conformeraient pas à ces mesures pourraient être radiés pendant deux mois, avec comme conséquence "le cas échéant la suspension provisoire de l'allocation perçue".

"Il y a beaucoup de banlieusards parisiens qui doivent rigoler en entendant ça", a déclaré le secrétaire général de la CFDT François Chérèque lundi sur RMC et BFM, interrogé sur le temps de transport.

"J'ai habité pendant 12 ans à Melun, je faisais 3 heures de transports par jour. Mais c'était un choix (...) pour les enfants c'était mieux et mon épouse habitait à 20 minutes de son travail. C'était un équilibre dans la famille", a-t-il ajouté.

"Si on avait proposé à mon épouse un travail à une heure trente de transport, ça aurait été impossible pour les enfants. Vous le voyez bien, une règle qui s'applique pour tout le monde, d'en haut, alors que la France est tellement diverse, c'est ridicule", a poursuivi le secrétaire général de la CFDT.

François Chérèque réclame des "droits" et des "devoirs" pour les chômeurs: "le chômeur à le devoir de reprendre un emploi si on lui propose un emploi qui correspond à ce qu'il cherche".

La ministre de l'Economie Christine Lagarde et le secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez recevront les partenaires sociaux mardi à partir de 14h15 à Bercy pour une conférence tripartite sur le chômage et la réforme de l'assurance-chômage. AP

god/sb




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