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"Craintes confirmées", "absence de lisibilité et de visibilité", "approximations": les organisations syndicales estimaient vendredi que Nicolas Sarkozy n'a pas "répondu aux attentes des salariés", se contentant de "justifier" la poursuite de réformes contestées.
"Que ce soit en matière de services publics, de santé, de salaires, aucun de ses propos ne nous a rassurés", a déclaré à l'Associated Press le secrétaire confédéral de la CGT Jean-Christophe Le Duigou. "Nos craintes sont confirmées. Nicolas Sarkozy était censé clarifier son programme de réformes et n'a fait que confirmer ce qui était engagé", a-t-il ajouté.
"Le président n'a pas répondu sur la question du pouvoir d'achat. La seule mesure confirmée, qui ne manque pas de sel, c'est d'octroyer des aides publiques aux entreprises pour augmenter les salaires", a-t-il souligné. Quant au dossier des retraites, "c'est 'circulez, il n'y a rien à voir'. Ce qui a été annoncé en 2003 sera appliqué, c'est-à-dire une baisse programmée des pensions".
"La seule nouveauté", selon M. Le Duigou, "c'est sur le revenu de solidarité active (RSA). On va prendre sur la prime pour l'emploi, c'est-à-dire qu'on prend aux salariés modestes pour financer un dispositif pour les salariés privés d'emploi, ce qui est profondément injuste".
Le secrétaire général de la Fédération syndicale unitaire (FSU) Gérard Aschieri a estimé pour sa part que "toutes les raisons de se mobiliser sont confirmées", alors que les fédérations de fonctionnaires et de l'Education appellent à une grève unitaire le 15 mai. "Confronté au mouvement des lycéens, le président se contente de reprendre des arguments caricaturaux de Xavier Darcos, ironise sur 'l'inquiétude' des jeunes et ferme la porte aux revendications", a-t-il expliqué à l'AP.
Le patron du premier syndicat de la Fonction publique d'Etat et de l'Education juge par ailleurs qu'en matière de revalorisation salariale pour les enseignants, Nicolas Sarkozy "propose d'échanger une dégradation de l'exercice du métier contre une vague revalorisation qui ne porterait que sur le début de carrière".
Quant à la Fonction publique, M. Sarkozy n'en a "parlé qu'au sujet de la réduction des déficits, comme s'il n'y avait comme instrument pour réduire les déficits que la suppression des fonctionnaires et comme si la Fonction publique n'était qu'un facteur de déficits et pas une richesse".
Le secrétaire général de la CFDT François Chérèque a de son côté "trouvé un président de la République qui était dans un exercice de justification, exercice qui est devenu au fil de l'interview peu convaincant". M. Chérèque a également noté sur France Info des "approximations", notamment sur la question des sans-papiers, quand le président a confondu "naturalisation" et "autorisation de travailler".
"Manque de visibilité et de lisibilité", a tranché le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly. "Pas de réponse sur des perspectives à moyen terme, il n'a rappelé que des choses déjà décidées ou en cours", a-t-il dit à l'AP. Et "sur les retraites ou l'Education, il n'a non seulement pas donné de nouvelles perspectives, mais en plus il a confirmé le maintien de son cap sur des mesures contestées", a-t-il dénoncé. "Sur les retraites, les pensions vont continuer à baisser. Quant aux enseignants et lycéens, ils reçoivent une fin de non-recevoir".
Pour le secrétaire général de l'UNSA Alain Olive, "tout ça est quand même insuffisant par rapport aux attentes". Le président "maintient son cap, il cherche ses marges de manoeuvres budgétaires dans la réduction de l'emploi public sans répondre aux craintes que cela suscite parmi les personnels. Et il est dans une position d'attente en croisant les doigts pour que la conjoncture s'améliore".
Enfin, la CGC "constate un problème de lisibilité et de consistance" dans l'intervention télévisée du président, qui "n'a toujours pas répondu aux attentes des salariés et des retraités en matière de pouvoir d'achat". Dans un communiqué, elle dit notamment ne pas avoir vu "de cohérence dans l'évolution des prélèvements obligatoires annoncée: la nième perspective de modification de la loi sur l'intéressement et la participation ne garantit pas que les salariés auront un égal accès à ces mesures, très aléatoires". AP
god/mw
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