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Le déficit du régime général de la Sécurité sociale pour l'année 2006 s'élevait à 8,7 milliards d'euros, dont 5,9 milliards pour la seule branche maladie -la plus déficitaire- selon le 11e rapport annuel de la Cour des comptes rendu public mercredi. Le déficit cumulé de la "Sécu" pourrait dépasser les 40 milliards d'euros à fin 2009.
Outre la branche maladie, les trois autres branches de la Sécurité sociale étaient également déficitaires en 2006, mais dans une moindre mesure: 1,9 milliard d'euros pour la branche vieillesse, 900 millions d'euros pour la famille et 100 millions d'euros pour les accidents du travail et les maladies professionnelles.
Pour l'assurance-maladie, la Cour des comptes pointe du doigt dans son rapport les dépenses de soins de ville qui continuent à progresser au-delà des objectifs initialement prévus, en raison notamment d'une dépense des médicaments trop importante, et d'une progression du versement d'indemnités journalières au second semestre 2006.
Et si pour le régime général, le déficit annuel est un peu moins élevé que prévu (la loi de financement initiale prévoyait 8,9 milliards de déficit), la Cour des comptes souligne toutefois qu'à "fin 2006, les déficits cumulés des régimes sociaux et des fonds de financement depuis 2004" représentaient "un montant global de 15,4 milliards d'euros".
Et la situation devrait encore s'aggraver si rien n'est fait. "Les prévisions triennales associées à la LFSS (Loi de financement de la Sécurité sociale), pour 2006, puis pour 2007, retiennent des hypothèses de redressement progressif de la situation financière des régimes", note la Cour des comptes, mais "les déficits se maintiendraient toutefois à un niveau élevé". Ainsi, "le scénario économique dit 'bas' conduirait à un déficit cumulé d'environ 40 milliards à fin 2009", poursuit-elle. Or, "les prévisions les plus récentes montrent une dégradation sensible de la situation en 2007, qui est de nature à invalider ce scénario", souligne le rapport.
Le gouvernement a en effet prévu en 2007 un déficit de 12 milliards d'euros, dont 6,4 milliards pour la seule branche maladie, soit un dépassement de quelque deux milliards d'euros par rapport aux prévisions pour le régime général.
En 2006, les objectifs fixés en matière de soins de ville n'ont pas été respectés, souligne la Cour des comptes, qui attribue le dépassement au fait, notamment, que "la baisse des dépenses de médicaments (...) ne s'est pas suffisamment concrétisée malgré les déremboursements et la progression des génériques".
Autre problème, selon la Cour, "un certain nombre de postes qui avaient connu une décélération au cours de la période précédente (en particulier, les indemnités journalières) sont repartis à la hausse à compter du second semestre 2006". AP
god/mw
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